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Pierres précieuses – L’IGM laisse un vide

L’IGM, absorbé par une autre structure, suscite la criante des acteurs de la filière gemmologie.

Le ministère des Mines décide l’absorption de l’Institut de gemmologie de Madagascar (IGM) par une autre structure. Les opérateurs s’alarment.

Brusque. Le conseil des ministres de mercredi dernier annonce la suppression de l’Institut de gemmologie de Mada­- gascar (IGM). Une décision inattendue pour les observateurs et surtout pour les opérateurs en pierres précieuses. « C’est un institut qui a déjà gagné en réputation car c’est le seul à dispenser des formations de haut niveau en gemmologie, lapidairerie, orfèvrerie et bijouterie dans l’océan indien et en Afrique. Les frais de formation se paient en euros » réagit d’emblée un opérateur en petites mines.

Un autre souligne que c’est un institut accrédité ATC (Accredited Training Center) au Gem-A de Londres et au Gemmological graduate du Gemmological Institute of America. Mais l’IGM dispose également d’un laboratoire d’expertise des pierres précieuses et semi-précieuses lesquelles passent obligatoirement à cette phase de contrôle avant de pouvoir être exportées.

« Le laboratoire d’analyse de l’IGM vient en quelque sorte supplanter le laboratoire national des mines qui a ses limites. Pour éviter les risques de perte de rentabilité sur une pierre à exporter, car quand un saphir ne peut pas du tout être qualifié de cabochon par exemple, le laboratoire de l’IGM vient à la rescousse dans l’expertise » apprend un autre opérateur.

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« L’enjeu de cette suppression de l’IGM se focalise dans ce piétinement de plate-bande car le contrôle auprès de l’IGM avant exportation, dont les rapports d’analyse sont stockées dans une base de données mondiale, dérange peut-être beaucoup » poursuit-il.

Le ministère des Mines explique que le Bureau de géologie et de géologie de Madagascar, décrété le 10 mars dernier en conseil des ministres, vient poursuivre la mission de l’IGM. « Près de trois milliards d’ariary (2 876 056 000 ariary) de subventions ont été mises à la disposition de l’IGM en 2014 alors que c’est un institut censé porter des valeurs ajoutées au développement de la filière pierres précieuses, tout en étant autonome » détaille un communiqué du ministère des Mines et des ressources stratégiques.

Le ministère affiche par ailleurs sa déception par rapport au nombre d’experts en gemmologie sortis par l’IGM « qui ne sont que 175 depuis 2004 ». L’IGM constitue une charge importante pour l’État.

Le nouveau Bureau de géologie et de gemmologie se chargera ainsi de promouvoir la filière petites mines, qui n’a pas été pleinement « assurée par l’IGM », et aussi de mettre à disposition, des données géologiques. L’Organisation de la société civile pour les industries extractives (OSCIE) s’insurge face à la décision du ministère car d’après l’entité, vingt ans ont été nécessaires pour parvenir à la création de l’IGM, « sa suppression en un clin d’œil a-t-elle été mûrement réfléchie » se demande l’OSCIE.

Le Bureau de géologie et de gemmologie s’apparente à une structure ministérielle alors que l’IGM est un institut, un organisme rattaché à caractère EPIC. «Un institut devient-il un bureau? Quel serait alors le statut de ce bureau?» se demande encore l’OSCIE. Une nouvelle réputation est à acquérir mondialement alors que l’IGM n’avait point de concurrent.

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