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Tourisme – Les grands sites abandonnés

Les infrastructures hôtelières d’accueil des touristes pour le Tsingy de Bemaraha à Bekopaka sont actuellement désertées.

La pandémie du coronavirus montre des premières estimations de pertes pour le tourisme. Les sites de renommée internationale sont désertés.

Il n’y a pas âme qui vive au « Le Grand hôtel » de Bekopaka, dans le district d’Antsa­lova, région Melaky. L’un des sites touristiques les plus prisés par les touristes étrangers avec le fameux Tsingy de Bemaraha. En temps normal entre le mois de mars et juin, une cinquantaine de touristes par mois sont enregistrés par « Le Grand Hôtel ». Et au grand pic de la haute saison, entre juin et novembre, l’hôtel accueille quelques deux cents touristes par mois. « Les principaux clients de l’hôtel avec les circuits que nous proposons sont en premier lieu des Français, des Italiens et des Allemands. Mais hélas, ces principaux clients affrontent actuellement la mort tous les jours avec cette pandémie en Europe», explique Angela Fanorena, propriétaire gérante de l’hôtel. Toutes les réservations émises depuis l’année dernière pour cette saison sont annulées. L’hôtel travaille avec une agence de voyages réceptrice dans la capitale qui, a l’habitude de lui fournir au moins une quarantaine de touristes par mois. « Avec l’agence, la meilleure option que nous avons proposée, aux touristes est de reporter leur voyage à partir du mois d’octobre », ajoute encore la propriétaire de l’hôtel. Avec son hôtel, quatre autres infrastructures hôtelières sises à Bekopaka sont en situation d’« abandon touristique ». Il faut savoir pourtant que le tarif d’un bungalow dans ces hôtels varie entre 65 et 106 euros la nuitée.

Local

Les retombées économiques et sociales attendues sont surtout pour le local. Le maire de Bekopaka, Narcis Razafinarivo, précise que vingt et un mille quatre cents (21400) touristes ont été enregistrés l’année dernière, tous ayant visité le Tsingy de Bemaraha. Les visites touristiques sont les sources d’activités et les ressources financières pour la communauté locale. Des brèdes par exemple qui se vendent à 200 ariary le tas aux hôtels, se vendent actuellement à 50 ariary aux habitants même du village. Petits hôtels et restaurants, épiceries, guides touristiques et toute la chaîne logistique de la bonne marche du Tourisme à Bekopaka, dépendent tous de ces visiteurs étrangers. à part le Tsingy de Bemaraha, le parc national d’Isalo affronte son premier coup de vide en pleine haute saison qui peut contenir dix huit mille (18000) visiteurs étrangers par an. Les plages de Nosy be attirant une fréquentation record ayant atteint quarante-cinq mille (45000) touristes étrangers et résidents en 2016 sont loin d’être noires de monde. Le tourisme génère quelques 520 millions de dollars de devises par an à Madagascar. Une étude menée par le Conseil mondial du voyage et du tourisme (World Travel and Tourism Council) a démontré que l’épidémie du Covid-19 amputera les revenus du tourisme mondial d’au moins 22 milliards de dollars.