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Lutte contre la pandémie – Confinement, stop ou encore ?

Le  confinement  partiel  deviendra-t-il  total  face  à  l’augmentation du  nombre  des  cas  confirmés  ?

Le président de la République fera part de l’issue du confinement dans un discours à la nation, demain. L’augmentation du nombre de cas contact complique la prise de décision.

DILEMME. Faut-il pro­longer l’état d’ur­gen­ce sani­taire et le confinement avec ses consé­quences économiques et sociales, ou y mettre fin malgré le danger épidémiologique ? Il s’agit d’un casse-tête soulevé par Andry Rajoelina, président de la République, hier. Une question à laquelle il devra répondre, demain.

Sur le plateau de la télévision nationale, hier, le chef de l’État a indiqué qu’il prononcera un discours à la nation, demain soir. La population sera ainsi, fixée sur l’issue de l’état d’urgence sanitaire et le confinement partiel à Antananarivo, et maintenant à Fianarantsoa. Sur le plateau de la chaîne publique, le locataire d’Iavoloha a reconnu que la décision qu’il aura à prendre n’est pas aisée.

« Qu’importe la décision que nous allons prendre, elle ne sera pas facile », concède Andry Rajoelina. Il avoue qu’il est nécessaire de peser la portée économique et sociale, mais aussi, sanitaire des nouvelles mesures qui seront annoncées, demain.

Complication

Quoi qu’il en soit, son allocution à la nation donner le La, à la stratégie à appliquer durant les prochains jours, dans la guerre contre le coronavirus.

« Si nous étions une nation économiquement forte, poursuivre le confinement sera une décision raisonnable et légitime », affirme le président de la République. « Mais j’entend aussi, les doléances de ceux qui sont en difficulté. De ceux qui vivent au jour le jour », ajoute-t-il toutefois. La question, « économiquement, est-ce que la population supportera le maintien du confinement ? », s’impose donc, selon ses dires.

À entendre le chef de l’État, il cogite également, sur les conséquences des mesures sanitaires actuelles, sur la stabilité sociale. « Est-ce que les dispositifs que nous mettons en place nous permettront de maîtriser la situation sociale ? », s’interroge-t-il, tout en ajoutant, qu’il faudra toujours garder en tête le volet sanitaire de la con­joncture actuelle. Comme le président Rajoelina le souligne lui-même, l’augmentation du nombre de « cas contacts », complique la prise de décision.

Après une incursion à Antananarivo, le 20 mars, par des « cas importés », le Covid-19 commence à faire son nid dans les régions. Toamasina, Ambatomanga, Morondava, Antsirabe, NosyBe et Fianarantsoa, récemment, sont contaminés. Le président de la République a souligné, hier, que les autorités étatiques, le personnel de santé, les Forces de défense et de sécurité (FDS), ont déployé un effort phénoménal durant cette période d’exception, afin de limiter la propagation du virus.

Seulement, la troupe en guerre contre le coronavirus est harassée. Les filets de sécurité sociaux mis en place, créent des attroupements monstres. Outre les dangers sanitaires, à chaque ouverture l’émeute est évitée de peu dans certains « Tsena mora ». Les files d’attente s’allongent de jour en jour. Avant de répondre au dilemme auquel il fait face, Andry Rajoelina, de s’enquérir de l’avis des chefs d’institution et chefs d’églises, de responsables régionaux et des experts en épidémiologie.

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  • La république est laïque . La séparation des églises et de l’état est un principe intangible . A ce jour notre nation n’est pas régie par la théocratie malgré la tentative sournoise d’un certain Marc Ravalomanana durant sa présence au pouvoir . Même si les chrétiens sont majoritaires dans ce pays , on n’avancera jamais dans une logique de développement harmonieux en bafouant les droits de la minorité . La laïcité est une vertu de la conscience . L’église a mieux à faire en inculquant à ses ouailles la discipline et les mesures barrières contre la propagation du coronavirus . Déjà en commençant à ne pas parler de  » cache-bouche » mais de masque !
    La république sortira grandie en apprenant à dépasser tous les clivages politiques . Dans les grandes démocraties il est d’usage que le président de la république convoque tous les chefs de parti . C’est un exemple à prendre en considération car définirait ainsi par ricochet le vrai statut d’homme d’état d’un président élu démocratiquement .
    Il est plus que normal que les dirigeants d’entreprises sont inquiets de la tournure catastrophique sur leurs activités de la poursuite du confinement . On a toujours insisté que notre pays classé parmi les plus pauvres ne pourra pas supporter longtemps les conséquences économiques et sociales de ces mesures drastiques prises . Au risque de choquer les âmes sensibles qu’on le veuille ou non la stratégie du  » « laisser faire » pour une immunisation collective naturelle de la population face à ce SARS-Cov- 2 sera toujours remise sur le tapis . OMS ou non !