PROTECTION DES FORÊTS - One forest summit débloque 100 millions d’euros


Rideau sur le One forest summit qui s’est tenu à Libreville, Gabon, mercredi et jeudi. Le rendez-vous accouche d’un plan d’action de protection des forêts, avec un premier budget de 100 millions d’euros. Un accord juste, des Partenariats de conservation positive (PCP). Ce sont des termes qui ont résonné durant la dernière journée du One forest summit à Libreville, Gabon, jeudi. Des termes inscrits dans l’acte qui découle du rendez-vous, baptisé “Plan de Libreville”. Un plan accompagné d’un premier budget de 100 mil­lions d’euros. Le Plan de Libreville veut, entre autres, établir un accord juste entre les pays forestiers et la communauté internationale, pour concilier ambition environnementale et développement écono- mique. Il veut aussi impulser l’initiative de protéger les forêts capteurs de carbone et réserves de biodiversités. Ceci par le biais d’un PCP. C’est sur ce Parte­nariat de conservation positive justement que cible le budget de 100 millions d'euros annoncé par Emmanuel Macron, président français, à Libreville hier. “La Communauté internationale n’est pas fondée à exiger la mise sous cloche des forêts. (...) Une forêt protégée qui maintient et augmente son taux de captation de carbone n’est pas une forêt fermée à l’homme, mais une forêt gérée durablement et rémunérée”, soutient le Président français. Le Plan acté dans la capitale du Gabon veut aussi engager la mise en place “d’un mécanisme de rémunération”, des pays exemplaires en matière de protection des forêts. Ceci par le biais de “certificats biodiversités”. Il s’agit justement d’un des principaux sujets au centre des deux jours de débats et d’échanges au One forest summit. À la lecture du texte expliquant le Plan de Libre­ville, ce point qui n’en est encore qu’à ses balbutiements n’est visiblement pas compris dans le budget de 100 millions d’euros, annoncé par le locataire de l’Elysée. De prime abord, cet argent est une réponse aux demandes d’actions concrètes et immédiates martelées dans la capitale gabonaise. Des appels “entendus”, affirme Emmanuel Macron qui a activement participé au débat de la dernière journée, jeudi, aux côtés de son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, au palais présidentiel de Libreville. La France et le Gabon sont les co-organisateurs du One forest summit. Cependant le leadership des débats a été clairement du côté français. La France qui contribuera à hauteur de 50 millions d’euros aux 100 millions annoncés, selon son Président. Du travail à faire “Ce que nous proposons à Libreville, c’est plus d’engagement politique des pays et plus de financement”, déclare le locataire de l’Elysée. Il reconnaît que les actions de protection de l’environnement ne doivent pas aller que dans un sens. “Si les pays forestiers s’engagent, la communauté internationale a aussi la responsabilité de mettre davantage d’argents”, ajoute-t-il. La somme annoncée sera complétée par une contribution de 20 millions d’euros de la fondation Walton et de Conservation international pour 30 millions d’euros. Seulement, au regard des défis, surtout lorsque sera mis en œuvre le Partenariat de protection positive, avec le mécanisme de rémunération “des services écosystémiques rendus à la planète”, par les pays forestiers et sa population autochtone. Il sera aussi question d’appuyer des programmes modèle économique qui permettra une gestion durable des forêts, tout en générant des rémunérations suffisantes pour le développement économique des pays et des populations locales concernées. Le One forest summit ne se concentre d’autant plus que sur les trois poumons de la planète que sont l’Ama­zonie, les forêts équatoriales d’Asie et le Bassin du Congo. Le rendez-vous a d’autant plus voulu mettre sous les projecteurs ce dernier. Le Bassin du Congo devrait justement bénéficier d’une grande partie du budget “immédiat”, annoncé à Libreville. Une autre partie sera destinée aux recherches, notamment, pour définir les critères pour bénéficier “des certificats biodiversités”. Pour combler le gap, la France mise vraisemblablement sur les engagements financiers actés durant les COP et le sommet sur la biodiversité à Montréal, en décembre. Seulement, comme il a été déploré à Libreville, les décaissements tardent à se faire. “Il faut être lucide, il faut accélérer les déboursements pour être crédible sur tous ces projets”, reconnaît Emmanuel Macron. Le Président français concède “qu’il y encore du travail à faire”, sur ce volet. À part le Bassin du Congo dont la mise en lumière a aussi des intérêts diplomatiques stratégiques pour la France, il faut aussi tenir compte de l’Amazonie et des forêts équatoriales d’Asie qui sont sous une pression constante des activités humaines. Il y a également les cas des pays insulaires à prendre en compte. Ces derniers sont les laissés pour compte du One forest summit. Pourtant, la majorité d’entre eux, dont Madagascar, sont des pays forestiers. Des forêts qui absorbent aussi du carbone et qui abritent une biodiversité riche et endémique à préserver. Eux aussi rendent des services écosystémiques à la planète.
Plus récente Plus ancienne