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Editorial

Chaise électrique

Accident ou sabotage ? Le mystère reste entier sur l’incendie d’un transformateur de l’usine d’Andekaleka. La conséquence immédiate est la réduction de 30 MW la puissance déjà dérisoire disponible pour tous les abonnés de la Jirama.

Le drame est trop rare pour être fortuit. En 40 ans d’existence, il n’y a jamais eu pareil accident à Andekaleka. Certes, l’explosion de transfo est devenue monnaie courante ces derniers temps, mais il s’agit de petit transfo pas comme celui d’Andekaleka. Et le drame arrive à un moment où la Jirama se trouve dans une situation délicate, n’étant plus en mesure d’honorer convenablement ses services vis à vis des usagers. Elle se confond dans les explications fallacieuses pour justifier une coupure ou une panne, et subit les foudres des consommateurs au quotidien. Des représentants du personnel, des syndicalistes, des cadres de la société tentent de calmer le jeu en soulignant qu’on peut encore sauver la Jirama en rejetant tous les torts aux dirigeants de la société. Des déclarations par dessus le marché quand on sait que le fond du problème est financier même si on sait que la gabegie et la mauvaise gouvernance tiennent une grosse part de responsabilité dans le naufrage de la Jirama.

Maintenant, quel est l’objectif de l’auteur de l’incendie s’il était criminel ? Affaiblir davantage la Jirama pour provoquer une explosion sociale ? C’est possible d’autant plus que des manifestations de mécontentement contre le délestage et les coupures d’eau se sont organisées dans quelques quartiers de la capitale. Combiné avec les autres soucis de la population à l’image de l’insécurité, de la hausse des prix, du coronavirus, de la pauvreté, du kere, la mayonnaise peut très bien prendre. L’auteur pourrait donc être un acteur politique.

Détruire les équipements de la Jirama pour qu’elle achète du neuf. Le communiqué de la Jirama après cet incendie mentionne que les procédures d’importation de matériel et équipements de la Jirama, seront accélérées pour pouvoir moderniser les infrastructures de l’entreprise. L’auteur pourrait donc être commandité par un fournisseur de la Jirama. Il fut un temps où les voleurs de fils et de compteurs de la Jirama étaient ses propres employés au profit d’un fournisseur. Une affaire de gros sous.

Dans un cas comme dans l’autre, c’est un acte criminel impardonnable si l’enquête révèle qu’il ne s’agissait pas d’un accident. C’est la vie de millions de personnes qui se trouve perturbée par son acte. Beaucoup de petites et moyennes entreprises ne peuvent plus tourner à cause du délestage qui dure de longues heures dans la journée. Les cyber café, les poissonneries, les salons de coiffure, les salons de thé et glaciers, les ateliers de soudure, les restaurants… sont tous paralysés par cette coupure. Le pyromane mérite ainsi l’échafaud voire la chaise électrique s’il se fait attraper.

Il va sans dire que même les grandes entreprises souffrent de ce délestage impitoyable.

En attendant l’avènement de la transition énergétique et la finition de projets de construction de barrage hydroélectrique, la population doit subir cette situation inconfortable. Et l’attente risque d’être assez longue. Ce n’est pas demain la veille que la situation financière de la Jirama va s’améliorer. Loin s’en faut.

Ce qui compromet le projet téléphérique. À moins qu’on trouve une solution de rechange. Mais cela fera l’objet d’une autre polémique. Si on trouve de l’énergie pour le transport par câble, pourquoi ne pas prioriser d’abord la population ?

En réalité, ce problème d’énergie est le principal obstacle pour la venue des investisseurs outre l’instabilité politique et les autres paramètres. Sans énergie, aucun développement ne peut se faire.

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