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Editorial

Petit pont

Encore un pont qui s’écroule sous le poids d’un camion. Cela commence à devenir monnaie courante. Deux en un mois, c’est évidemment excessif. Hélas, ce ne sera pas le dernier. Le pont de Manambaro sur la RN 13 reliant Ihosy Taolagnaro s’est écroulé hier sous le poids d’un camion.

On ne le répétera jamais assez, il faut limiter le tonnage permis des camions importés. Comment peut-on laisser entrer des camions de six essieux pesant plus de 40 tonnes alors que la plupart des ponts peuvent à peine supporter 30 tonnes? Non seulement ils détruisent les ponts mais aussi et surtout, ils raccourcissent l’espérance de vie des routes dont la longévité se trouve réduite de moitié.

Le danger est d’autant plus inévitable que les chauffards ne connaissent rien au code de la route mais en plus ils sont illettrés. Alors qu’une limitation de poids à 10 tonnes figure bien à l’entrée du pont, le chauffard ne voulait rien savoir et n’en faisait qu’à sa tête. Du coup c’est toute une région qui se trouve isolée et coupée du monde. Ce n’est pas demain la veille que ce pont sera réparé bien que le président de la République a fait de la réhabilitation de la RN 13 une affaire personnelle. À preuve, le pont de la ville de Manakara effondré pour la même raison en 2012, n’a guère fait l’objet d’une réparation jusqu’à maintenant.

Reste à savoir si on peut exiger du fautif une quelconque réparation. Un cas similaire avait eu lieu il y a deux ans mais les camionneurs ont fait bloc derrière leur collègue pour ne pas exécuter la sanction. Il faut donc mettre fin coûte que coûte à cette indiscipline des camionneurs.

Mais il faut dire également que certaines infrastructures en particulier les ponts sont si vétustes qu’un papillon en trop sur le tonnage permis peut les faire basculer. Le pont de Manambaro est un pont Bailey installé à titre provisoire mais qui a traversé toutes les républiques, tous les régimes. C’est également le cas du pont Bailey de Tanjombato installé en 1997 par Ratsiraka pour épauler le vieux pont et il est toujours là un quart de siècle après.

On se demande d’ailleurs sur quelle base sont établies les priorités dans les réparations ou les remplacements des ponts. À Ambohimandroso, le fameux pont à l’entrée de la ville a causé des milliers d’accident et a tué plusieurs centaines de voyageurs depuis sa construction à cause de son étroitesse mais on préfère attribuer à l’imprudence et à la légende l’origine des drames. Le pont mortel est toujours là guettant jour et nuit ses futurs victimes. On se demande pourquoi le remplacement de ces ponts, il y en a d’autres, ne figure jamais dans les projets routiers avec les bailleurs de fonds, quémander pour quémander.

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