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Risque d’éboulement de rocher – Les habitants de Manjakamiadana s’exposent à la mort

Les sites classés en danger imminent ont été marqués de drapeaux rouges. 

Une intervention multisectorielle a eu lieu sur la colline de Manjakamiadana, hier, pour prévenir les accidents face au risque élevé d’éboulement de rocher. Les concernés boudent.

Les habitants des zones rouges à l’éboulement de rocher sur la colline de Manjakamiadana ne prennent plus au sérieux les mesures de prévention d’accident, lancées par les autorités, hier. Ils se sont moqués des éléments de force de l’ordre et des sapeurs pompiers qui ont installé cent drapeaux rouges dans les cinq fokontany concernés par le danger, hier. «N’installez surtout pas ces drapeaux rouges dans notre quartier. La couleur rouge est tabou chez nous », plaisante une jeune femme. Ils ont encore été moins réceptifs envers les messages de sensibilisations d’évacuation. « Les personnes les plus proches du soi-disant danger n’ont pas déménagé. Pour quelles raisons, devrons nous partir, dans ce cas ? », ripostent Sylvie Harison et ses voisins.

Dans les fokontany de Tsimialonjafy, d’Ambanin’ Ampamarinana, d’Ankadi-lalana, de Tsarafaritra ou d’Ambohipotsy, personne ne s’apprête à quitter les lieux. Malgré que les risques d’éboulement de rocher soient élevés en cette saison des pluies, elles s’obstinent à y rester. « Je préfère mourir ici, que de déménager dans un site d’hébergement, une fois de plus », affirme Arlette Haingo, une habitante d’un des trois cent cinquante toits exposés directs à cette catastrophe. Une grande frustration se cache, en réalité, derrière ces boutades. Ces personnes ont peur de se retrouver, une nouvelle fois, dans un site d’hébergement.

Danger imminent
Elles confient avoir vécu de mauvaises expériences de leur précédent déménagement. « Nous ne voulons plus vivre dans un site d’hébergement. Nous avons dormi dans de petites tentes qui ne nous protégeaient pas de la pluie. On nous a, par la suite, déplacés au village Voara. Là-bas, nous étions abandonnés. Aucune aide ne nous est parvenue, on nous a utilisés pour obtenir de l’argent», assène une autre femme. Ces habitants de Tsimialonjafy qui logent à quelques mètres des rochers dangereux rappellent que l’État leur a promis des terrains, trois mois après leur évacuation. « Où sont ces terrains maintenant ? Le déménagement n’est envisageable que si l’État nous offre des terrains sur lesquels nous pourrions vivre définitivement. Nous sommes tous des propriétaires ici, et non des locataires», enchaîne Sylvie Harison.

Ils réclament, par ailleurs, à l’État des solutions pour éviter la chute des rochers. «Lorsqu’on a vécu dans un lieu toute notre vie, il est difficile de s’en détacher. L’État devrait couper les racines des végétations qui poussent au-dessus de ces pierres. Cette opération a été menée dans notre jeunesse et a permis de prévenir l’éboulement », témoignent des anciens du quartier.

Le danger est, toutefois, classé imminent. L’évacuation est la seule option, pour éviter d’autres pertes en vie humaine. « Les interventions sont difficiles. L’explosion des rochers n’est pas réalisable», affirme un technicien du Bureau national de la Gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) qui ont dirigé les interventions de sensibilisations d’évacuation sur cette colline de Manjakamiadana, hier.