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Editorial

Par dessus le marché

Comme il fallait s’y attendre, les députés se sont acharnés sur le ministre de l’Industrialisation, le commerce et la consommation. Le député d’Ambovombe et le député de Manjakandriana en particulier ont vidé leur sac sur Edgard Razafindravahy. Le député d’Ambovombe l’a sanctionné par une note de 01/20, la même note qu’on lui attribuerait pour sa « prostitution » politique et son inefficacité à développer son district après plusieurs mandats sous différentes casaques à Tsimbazaza.

Le député reproche au ministre de ne pas avoir envoyé les PPN et le ciment à prix réduit chez lui à Ambovombe et dans les autres régions. Certes, la hausse des prix fait grincer les dents à tout le monde et c’est normal d’en vouloir au premier responsable mais il faut savoir certaines réalités.

La hausse des prix est un phénomène mondial dû à la crise sanitaire, au marasme économique, au ralentissement du commerce, à la pénurie de conteneurs… Autrement dit des paramètres exogènes que le monde entier a du mal à maîtriser à l’image de la crise de l’énergie. Ensuite il faut se rappeler que depuis 1996, le marché a été libéralisé, l’État s’est désengagé des transactions commerciales et de la régulation des prix selon les exigences des bailleurs de fonds. L’époque de l’État providence, l’État interventionniste est révolue. Mais le fait est que la pauvreté extrême de la population ne peut pas supporter les contre-coups de cette libéralisation totale du marché et des prix.

Par conséquent, l’État, du moins l’administration Rajoelina a décidé de geler le prix des carburants, d’importer directement des PPN vendus à prix réduits. Des quantités importantes de riz et de ciment sont arrivées régulièrement grâce à des importations effectuées par SPM, la société chargée par l’État de solutionner ce problème.

Mais il est bien évident que l’État ne dispose pas de réseaux de distribution de ces produits. Une tâche qui devrait incomber aux traditionnels grossistes et détaillants d’un bout à l’autre du pays. Il faut ainsi que ces derniers jouent le jeu s’ils sont de bonne foi et s’ils se soucient de l’intérêt de la majorité.

Il faut comprendre que la hausse des prix n’est pas un décret de l’État. C’est l’œuvre de tous les acteurs concernés par le commerce de l’importateur ou producteur aux détaillants en passant par les collecteurs et les grossistes. Il est donc clair que le ciment SPM n’arrivera jamais à Ambovombe si aucun opérateur de cette localité n’a pas manifesté un intérêt pour le commercialiser.

Ce n’est plus le rôle de l’État de distribuer le ciment dans tous les foyers comme dans une économie dirigée où l’État subventionne tout. On a fait le choix du libéralisme et de la démocratie, il faut l’assumer et non pas brailler à tous les coups par dessus le marché.

Ceci dit la solution finale reste la production sur place de tous les produits dont la population a besoin. C’est le credo du président de la République en créant des unités industrielles et la démarche adoptée par le Micc à travers l’ODOF ( One district, One factory) et les zones de pépinières industrielles. Il n’y a pas de miracle, pour lutter contre le prix, il faut produire au maximum. L’abondance de l’offre est le seul anti-fièvre du prix. Le reste c’est de l’utopie.

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