Editorial

TIM is money

Une page est tournée. Avec la défaite de Marc Ravalomanana à la présidentielle de 2018, l’échec relatif du Tim aux législatives et le revers du candidat du Tim aux élections communautaires à Antananarivo, c’est une partie de l’histoire qui se referme. Qu’on le veuille ou non, ces échecs successifs entérinent le déclin du Tim amorcé lors de la crise de 2009. Beaucoup de partisans du Tim très actifs lors de la crise en 2009 ont préféré s’effacer depuis le retour au pays de Ravalomanana en octobre 2014. Seuls quelques irréductibles sont restés fidèles au parti mais pas suffisant pour gagner encore des batailles électorales. Les bases du Tim dans les Faritany ont toutes périclité au point que Ravalomanana n’a eu que des miettes lors de la présidentielle 2018.

Avec la perte d’Antananarivo visiblement conquise par le candidat de la majorité à en juger les résultats provisoires des communales, c’est la fin politique du Tim en général et de Ravalomanana qui est consommé. On voit mal comment l’ancien président pourrait encore rebondir au plan politique sans la moindre attache. Il avait une dernière chance de garder un dernier bastion à Antananarivo mais la gestion de la capitale par son épouse a été catastrophique qu’il lui a été impossible d’espérer garder la première ville du pays entre ses mains.

La parenthèse Ravalomanana va définitivement se refermer avant la fin de la validité des billets de banque émis en 2003 à l’effigie du Tim à la fin de l’année. L’histoire retiendra qu’outre les produits laitiers, Ravalomanana a fait changer les billets de banque pour mieux ancrer son pouvoir. Une façon également de matérialiser le fameux trois P, partenariat public-privé, où l’État était le bailleur de fonds de Tiko. Eh oui, Ravalomanana a trouvé une superbe variante du célèbre slogan liant la valeur du temps à l’importance de l’argent avec Tim is money. Ravalomanana avait à profit ses privilèges de chef d’État pour étendre son empire.

L’État a décidé de retirer du circuit financier les billets marquant cette époque. Une véritable estocade pour effacer toute trace de celui qui était capable de fixer le cours de change a sa guise pour une journée, le temps que Tiko dédouane ses marchandises au port, d’éliminer ses concurrents par tous les moyens dans divers secteurs, de mettre en prison les politiciens qui l’ont porté au pouvoir. Des abus, des ingratitudes, des arrogances qui lui ont coûté cher. Le pouvoir il l’a perdu en 2009 avec ou sans coup d’État et non pas lors de la présidentielle de 2018 ni dans les autres élections. Il tente aujourd’hui de mener un combat d’arrière-garde dans les contestations des résultats des communales en appelant la population a se lever contre l’injustice. Cela ne vaut plus la peine étant donné que même ses billets sont désormais une monnaie de singe. Il lui faut faire la part des choses pour que l’histoire retienne quelque chose de lui.

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