Economie

Gouvernance minière – Daniella Randriafeno démissionne

Mise à mal. Daniella Randriafeno n’est plus secrétaire exécutif de l’EITI. Elle a longtemps soulevé le peu de « motivation » dont témoigne l’État sur les questions de gouvernance minière. Elle décide ainsi de jeter l’éponge. Les rapports, 2017, 2018 et 2019 qui devront normalement comprendre les efforts du gouvernement, avec les recommandations émanant du Conseil d’administration international de l’instance, ne seront probablement pas prêts pour le 29 décembre prochain, date requise pour une tentative de validation en tant que pays EITI.

« Madagascar est accepté comme “pays candidat en 2008” puis suspendu en 2011 pour cause de non reconnaissance, levée en 2014 suite au retour de l’ordre constitutionnel, et soumis au processus de validation en 2017 sous réserve de suivi de quinze principales recommandations émises par le Conseil d’administration international pour une mise en œuvre effective d’ici le 29 décembre 2019 », détaille la présentation de l’EITI . Le pays a été suspendu en 2018, faute d’avoir soumis à temps le rapport d’avancement et également faute de moyens financiers. Cette année, 100 000 dollars de budget ont été nécessaires au fonctionnement et au bon déroulement des activités du comité national de l’Initiative pour la transparence pour les industries extractives (EITI).

Risques

Seulement, 70 000 dollars ont été promis mais disponibles qu’au début du mois de novembre. Un transfert justifié par le ministre des Mines et des ressources stratégiques, Fidiniavo Ravokatra, le 20 novembre dernier, lors de l’annonce d’une demande des comptes de la société minière QMM. Vu la période courte entre le déblocage et la fin de l’exercice annuel de l’EITI, peu de choses peuvent se faire. Daniella Randriafeno a déclaré il y a quelques semaines que c’est la crédibilité de l’État qui est en jeu dans la situation du pays par rapport au standard international EITI. « Un appui financier de la part de l’État figure parmi les mesures correctives qui seront évaluées à la prochaine évaluation. C’est la position de l’État envers l’EITI qui pose problème », a-t-elle souligné il y a deux semaines. L’instauration de l’EITI relève en effet de l’initiative d’un gouvernement et « le gouvernement gère au nom de la population ». Les impacts et les retombées minières restent peu palpables par la société civile et par la population. Le climat des affaires face aux investisseurs miniers internationaux devient un enjeu majeur alors que l’intégration du pays au sein de l’EITI garantirait la réduction d’une instabilité politique. Huit rapports ont été soumis couvrant les exercices fiscaux 2009-2016. Un appel à candidature devrait être lancé incessamment après la réunion du comité national avec le ministre des Mines jeudi prochain. En attendant, un « intérimaire » assurerait probablement le secrétariat exécutif.