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Écotourisme – Les lémuriens profitent peu aux communautés

Le professeur Jonah Ratsimbazafy indique que les lémuriens représentent 20% des primates sur la terre.

Les principaux joyaux de la biodiversité de Madagascar profitent au Tourisme, mais pas assez aux communautés locales. Une revalorisation s’impose.

Des retombées disparates. Deux microcèbes ont été vendus sur la plage de Foulpointe récemment. La consommation de lémuriens devient courante dans certaines localités. Ceux en voie de disparition inquiètent constamment les chercheurs américains et malgaches. Il existe cent douze espèces de lémuriens e t selon le Madagascar National Parks, gérant de quarante trois aires protégées du pays, ces primates vivent dans presque tous les parcs et les réserves naturelles car le MNP est présent dans vingt régions sur vingt deux.

Les dernières statistiques de l’organisme avancent plus de deux cent mille visites dans ces parcs nationaux en 2019. Visiteurs qui cherchent sans nul doute à voir de près un ou des lémuriens. Les touristes ne pourront donc pas les rater dans leur voyage, sauf dans des parcs spécifiques comme Isalo. « La présence d’une seule espèce dans un parc et qui, plus est, n’existe que dans ce parc, rapporte aux communautés locales. À l’instar du lémurien doré ou Hapalemur aureus qui ne se trouve qu’au parc Ranofamana. Le parc coopère avec les communautés locales pour faire marcher le Tourisme. Aussi, normalement, chaque visiteur de lémuriens doit-il contribuer aux bénéfices des populations locales », explique Herilala Gérard Jonah, président des guides touristiques pour les Anglophones, membre de la Fédération nationale des guides.

Pressions

« À l’exemple également du Lemur catta qui ne se trouve que dans le parc Anja, à 20km d’Ambalavao, dans la région Haute-Matsiatra. Les communautés sont très actives dans la conservation de cette espèce dont le parc possède actuellement cinq cent quatorze individus », ajoute-t-il.

Des parcs privés investissent dans la protection des Lémuriens en misant sur la collaboration avec les communautés locales. Mais d’autres ne voient pas l’intérêt de les conserver pour en faire des recherches ni pour des shows touristiques. « Je pense qu’il faut faire plus pour faire profiter les lémuriens, pas seulement aux touristes, mais surtout aux communautés de base. Le parc de Maromizaha dans l’Est, abrite quatorze espèces de lémuriens, mais il y a zéro pression vu que même l’exploitation du miel profite aux communautés. Les gens s’impliquent à la conservation quand ils y voient un intérêt », souligne Jonah Ratsimbazafy, président du Groupe d’études et de recherche sur les primates de Madagascar (GERP).

« Le Rwanda ne possède que quatorze espèces de primates, mais des touristes dépensent mille dollars pour pouvoir contempler des gorilles dans des zoos. La Chine fait miroiter son animal national, le panda, les orangs-outans pour l’Indonésie, et nous avons les lémuriens dont les premières générations datent de millions d’années. Valorisons-les », fait-il remarquer lors de la journée pour les Lémuriens.

Ce professeur, dont la cent-douzième espèce de lémurien, découverte à Mananara-Nord en septembre, porte son nom, propose de récolter trois euros ou quatre dollars par billet de touriste étranger pour aider à protéger les lémuriens. L’idée serait d’aller au-delà de la mise en place d’infrastructures communautaires, mais plutôt des AGR.

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