COLLECTIF DES CANDIDATS - La marche des manifestants bloquée à Ambohidahy


Un lundi houleux ! La manifestation du collectif des candidats fait quelques blessés et des arrestations. Ils n’étaient pourtant pas arrivés sur la place du 13 mai et étaient bloqués au tunnel Ambohidahy. Manifesta-tion pacifique qui vire à l'affrontement sanglant ! Le collectif des candidats s’est présenté à 10 heures du matin à l’extérieur du stade Barea Mahamasina avec quelques parlementaires et des partisans pour entamer une marche vers la place du 13 mai. Mais au final, ils ne sont jamais parvenus à atteindre leur but puisqu'ils ont été bloqués à la sortie du tunnel Ambohidahy. Ce qu'ils ont prévu comme manifestation pacifique est devenu des affrontements sur plusieurs fronts. Ils ont causé la blessure d'au moins sept personnes dont Andry Raobelina, candidat à la présidentielle et président du parti "Anjomara sy Rivo-baovao", Rivo Rakotovao du "Hery vaovao ho an'i Madagasi­kara" et six éléments des Forces de l'ordre dont un a été percuté par le véhicule d'un candidat selon la gendarmerie. Dès le départ de la marche, les députés et des partisans du collectif se sont embrouillés avec les éléments des Forces de l'ordre quelques minutes, avant de, finalement, prendre la route vers Amparibe. Vers 11 heures, de nombreux éléments de l'état-major mixte opérationnel se sont postés à l'entrée du tunnel en vue de stopper l'avancée des manifestants. Après plusieurs minutes de discussions, les premiers gaz lacrymogènes ont commencé à retentir, les candidats ont regagné leurs véhicules respectifs et la foule s’est dispersée peu à peu. C'est à ce moment que Rivo Rakotovao et Andry Raobe­lina ont été blessés, le premier à la jambe et le second au visage.

Perturbations

Quelques minutes après, du côté d'Andohan'Anala­kely, Rina Randriamasinoro, secrétaire général du "Tiako i Madagasikara", a été interpellé par les Forces et emmené. Vers 13 heures 30, le véhicule de Marc Ravalo­manana a été, à son tour, intercepté mais c'est son garde du corps qui est arrêté avec, sur lui, une arme à feu et une arme blanche. La circulation entre Analakely, Mahamasina et la Haute-ville a été totalement stoppée pendant quelques heures hier et des embouteillages monstres se sont créés dans la périphérie. À part cela, les commerçants des alentours du centre-ville n'ont pas pu exercer leurs besognes toute la matinée d'hier avec la manifestation. Chose qui leur a déplu et qui a causé d'autres affrontements mais cette fois-ci avec les manifestants au niveau du pavillon, du côté du « Tahala Rarihasina ». Ces commerçants ont érigé une banderole pour exprimer leurs mécontentements vis-à-vis de la manifestation et c'est cela qui avait créé l'étincelle qui a conduit aux échauffourées entre civils. Selon Hery Rasoamaromaka, gouverneur d'Analamanga, le collectif des candidats ne se préoccupe guère du sort des commençants du centre-ville qui, pourtant, vivent au jour le jour.

Dénouement

Finalement, le calme est revenu, dans le centre-ville, vers 15 heures. La circulation a repris tant bien que mal et les commerces se sont de nouveau ouverts, mais les clients se faisaient rares avec les évènements de la matinée. Après avoir rendu visite aux deux blessés, le collectif des candidats, par le biais de Tahina Razafinjoe­lina, candidat et président du "Firaisankinan'ny Tia Tanin­drazana", a réaffirmé sa volonté de poursuivre le mouvement et a donné rendez-vous à leurs partisans aujourd'hui pour prendre la place du 13 mai. Ce, malgré les affrontements avec les Forces de l'ordre qu'ils considèrent comme illégitime. De leur côté, les Forces de l'ordre se sont exprimés au parvis de l'Hôtel de ville en fin d'après-midi et ont défendu leurs agissements par le fait que la manifestation d'hier n'a pas eu d'autorisation et que l'EMMO a été réquisitionné pour faire régner l'ordre au centre-ville. Ils se sont surtout appuyés sur la déclaration de l'Organe mixte de conception de dimanche dernier, disant que le collectif des candidats n'a pas eu d'autorisation. Cette conférence de presse s'est tenue vers 16 heures 30 et le porte-parole des Forces de l'ordre a démenti formellement la désinformation sur les réseaux sociaux qui parlait d'éléments étrangers au sein des Forces, en disant qu'il n'y a que des Malgaches qui forment leurs rangs.
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