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Fuite de sujets au baccalauréat : Déstabilisation ou négligence ?

Les épreuves du baccalauréat ont été chamboulées par des fuites de sujet, hier. Un scénario que les responsables ne parviennent pas à expliquer, pour l’instant.

Circonspect. Les autorités étatiques restent prudentes sur la qualification à donner aux faits qui ont mis l’avant-dernière journée des épreuves de baccalauréat sens dessus-dessous. Au premier regard, l’hypothèse d’une négligence vient à l’esprit. La tournure de certains faits amène, cependant, à s’interroger sur l’éventualité d’une velléité de perturber l’examen.

Une fuite de sujet, notamment, sur les réseaux sociaux a mis le feu aux poudres. Il s’agit des sujets d’examen pour les épreuves d’histoire et géographie, et de physique-chimie destinées à la série A. Une situation qui a bousculé le déroulement des examens dans plusieurs villes du pays. Dans la plupart des centres d’examen, le programme a été décalé de plusieurs heures, le temps de sortir les « sujets de garde ».

Dans l’incertitude et dû, probablement, au manque d’information, des lycéens et des parents d’élèves ont manifesté dans la cour de certains centres d’examen. Des altercations ont même été recensées à Toamasina. De fil en aiguille, des faits selon lesquels un proviseur de lycée à Imerintsiatosika aurait eu en sa possession les sujets d’examen et aurait été pris en flagrant délit en train de les traiter avec quelques élèves, dans la nuit de mercredi.

Dans le journal de mi-journée de la radio nationale, hier, un responsable régional de l’office du Bac a affirmé qu’il y avait plusieurs tentatives de corruption, de trafic d’influence et d’achat de diplôme du baccalauréat dans sa circonscription. La situation est telle qu’il semble que tous les maux qui rongent les épreuves du baccalauréat aient émergé ensemble, hier.

Intrigue

Dans une déclaration appuyée par un communiqué de presse, hier, la professeure Blanche Nirina Richard, ministre de l’Ensei­gnement supérieur, a reconnu l’existence des fuites de sujet. Sans aborder les raisons éventuelles de ces faits, ou les objectifs de leurs auteurs, elle et son département ont juste tenté de rassurer l’opinion publique sur le retour à la normale des épreuves et ont appelé au calme.

« Toutes les personnes impliquées dans cette fuite de sujet que ce soient des enseignants ou des élèves ont été appréhendées. L’enquête est menée par la gendarmerie nationale », a affirmé la ministre de l’Enseignement supérieur. Contacté, le général Richard Ravalomanana, secrétaire d’État à la gendarmerie nationale, s’est également, gardé de s’avancer sur les intentions probables de ceux à l’origine de ces fuites de sujet d’examen.

« Une enquête accélérée a été déclenchée pour faire la lumière sur cette affaire. C’est seulement, à l’issue des investigations que nous pourrons être en mesure de dire ce qu’il en est exactement », a déclaré l’officier général. Pour l’instant, selon ses dires, plusieurs hypothèses sont soulevées. Corruption, négligence, ou déstabilisation, aucune piste ne serait écartée.

« S’agit-il de faits singuliers, ou bien y a-t-il pareil cas à chaque examen du Bac, mais que leur nombre élevé a fait que les malversations éclatent au grand jour ? Est-ce juste pour perturber les examens, ou pour dénigrer le ministère et la ministre, l’État ? », seraient les postulats évoqués. Les pertur­bations des épreuves du baccalauréat ont, également, été discutés en conseil des ministres, hier. La même circonspection que chez les deux membres du gouvernement, aurait été adoptée durant la réunion hebdomadaire de l’Exécutif.

Un point commun à la plupart des enquêtes en cours de manière simultanée intrigue, toutefois. Durant l’entretien téléphonique d’hier, le général Ravalomanana a confié que « plusieurs cas font état de fuites de sujet délibérées, sans contrepartie ». Même dans les faits où des enseignants ou responsables d’établissement partageaient les sujets et les solutions à des élèves, il ne serait pas démontré, jusqu’ici, qu’il y a eu une contrepartie comme une transaction financière.

 

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  • La meilleure solution serait de ne plus organiser des examens nationaux à partir de l’année prochaine. Il faudra penser à remplacer le CEPE, BEPC et le BACC par d’autres choses beaucoup plus efficaces.On peut s’inspirer du système d’éducation à Finlande, la meilleure au monde.