A la une Actualités Social

Antananarivo – Des nouveaux décès suspects de peste

L’épidémie de peste pulmonaire a encore fait de nouvelles victimes mortelles, à Antananarivo-ville. Un enfant et deux adultes en ont fait les frais.

Les agents du bureau municipal de l’hygiène (BMH) auprès de la commune urbaine d’Antananarivo (CUA) se sont empressés d’inhumer dans la fosse commune d’Anjanahary, le corps sans vie d’une sexagénaire, provenant de Tsarahonenana, hier soir. Elle aurait été décédée dans un grand hôpital du centre ville, suite à une suspicion de peste pulmonaire, hier après-midi. La désinfection de l’hôpital et la chimio prophylaxie de contact ont été opérées pour éviter la propagation de la maladie.
À quelques kilomètres de là, plus précisément, à Ambodihady Ambohimana-rina, des agents de santé ont tenté de négocier avec les proches d’une autre victime, décédée hier, pour le traitement du corps. Ces derniers ont refusé d’admettre que leur famille a perdu la vie suite à la peste et ont réclamé qu’il soit veillé et enterré dans leur caveau familial. Pourtant, le test de diagnostic rapide effectué sur la victime se serait révélé positif. Des éléments des forces de l’ordre ont attendu dans les coins, tard dans la soirée, au cas où il y aurait des dérives.
Dimanche soir, c’est un bébé de dix mois, habitant à Andraisoro, qui a succombé dans le centre hospitalier anti-peste à Ambohimiandra (CHAPA), selon l’affirmation du médecin chef de l’établissement. « Elle a succombé vers 22 heures. Elle a fait une convulsion», rapporte-t-elle. Dans cet hôpital, six malades suivent des traitements, trois d’entre eux sont des enfants. « Leur état s’est amélioré depuis les traitements », enchaîne-t-elle. Environ douze personnes ont subit des tests dans cet hôpital, hier matin, aucune n’a été admise à l’hôpital.

Vingt cinq décès
À l’aéroport international d’Ivato, un Sud-africain a été refoulé dans la salle d’enregistrement. Il a présenté des symptômes de peste. Son TDR était négatif à la peste, mais par précaution, il a été admis dans un hôpital, en attendant les résultats d’analyse du prélèvement de l’Institut Pasteur de Madagascar.
La dernière situation officielle de peste, rapportée par le ministère de la Santé publique, à 11 heures, hier, faisait état de cent quarante et un cas suspects dont vingt cinq décès, incluant l’enfant sus-cité. Les deux cas de décès cités en haut ne sont pas encore inscrits dans cette statistique.
Paniqués par cette épidémie de peste pulmonaire qui continue à empirer de jour en jour, les Tananariviens ont fait la queue dans les pharmacies pour se prémunir de cache-bouche et d’antibiotiques, sans ordonnance. Des pratiques non recommandées par les médecins. « On ne devrait utiliser les cache-bouche que dans les endroits où il y a des malades confirmés. Circuler avec cela partout n’est pas bon. Cela devient grave et stigmatisant, sauf si on sent qu’il y a quelqu’un qui présente de la fièvre et qui tousse, dans les véhicules de transport en commun», souligne Robert Mampassi, consultant à l’Organisation mondiale de la Santé. Face à cela, les gens ne savent plus comment se protéger de cette maladie.
Toutes les formations sanitaires, même les centres de santé de base (CSB), ont été dotés d’intrants pour la prise en charge.

Suspension des cours

Le ministre de l’Éducation nationale, Paul Rabary, a publié sur sa page Facebook, hier, la suspension des cours pour tous les établissements scolaires publics et privés dans les circonscriptions scolaires où des cas de peste ont été enregistrés. Les districts d’Antananarivo-ville, d’Antananarivo Avaradrano, d’Antananarivo Atsimondrano, d’Ambohidratrimo, de Toamasina I et II en sont concernés. La reprise des cours est prévue pour le 9 octobre. Les activités d’assainissement et de désinfection, lancées à l’école primaire publique (EPP) d’Andraisoro, hier, se poursuivront dans d’autres établissements scolaires de la ville.

Miangaly Ralitera

4 commentaires

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • Forme plus rare que la peste bubonique, c’est la forme la plus dangereuse car extrêmement contagieuse. La peste pneumonique
    ou pulmonaire survient lorsque le bacille pénètre directement dans
    l’organisme par les poumons (peste pulmonaire primaire), ou par
    complication pulmonaire d’une peste septicémique (peste pulmonaire
    secondaire). Les humains sont contaminés, et contaminent, par les
    crachats (expectorations purulentes) et les projections microscopiques (toux, postillons) contenant le germe.

    Après une période d’incubation de quelques heures à deux jours, s’installe une pneumopathie
    aiguë sévère avec état septique. Même avec un traitement antibiotique
    approprié, cette forme de peste est souvent mortelle en quelques jours
    par œdème pulmonaire aigu et défaillance respiratoire.

  • PESTE BUBONIQUE

    Forme la plus fréquente, la peste bubonique
    fait suite à la piqûre de la puce. La peste peut se déclarer d’abord
    chez les rongeurs qui meurent en grand nombre. Les puces perdant leur
    hôte recherchent d’autres sources de sang, et contaminent l’homme et les
    animaux domestiques par piqûre. Après une incubation de moins d’une
    semaine, apparaît brutalement un état septique avec fièvre élevée sans dissociation de pouls, frissons, vertiges, sensation de malaise.

    Le bubon apparaît vers le 2e jour
    (visible à l’œil nu) après le début fébrile, mais il peut être détecté
    dès les premières heures par la palpation. C’est une adénopathie (ou ganglion augmenté de volume), satellite du territoire de drainage de la piqûre de l’ectoparasite. Les aires ganglionnaires le plus souvent touchées sont l’aire inguinale (pli de l’aine) ou crurale (haut de la cuisse), plus rarement axillaire voire cervicale. Il est d’abord sensible, inflammatoire, puis de plus en plus douloureux à mesure qu’il grossit.

    Des signes de déshydratation
    et de défaillance neurologique vont accélérer l’évolution de la maladie
    vers une mort en moins de sept jours en l’absence de traitement
    efficace. On estime entre 20 et 40 % le nombre de malades qui vont
    guérir spontanément après un temps de convalescence assez long.