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Editorial

« Varyables » aléatoires : s’il suffisait qu’on sème

La période dite de soudure se pointe déjà à l’horizon. S’étalant d’octobre à avril. Elle est souvent marquée par la hausse des prix des denrées alimentaires et surtout le riz. Il suffit d’une pluie plus ou moins abondante, endommageant une portion de route, reliant des communes lointaines où s’étendent de vastes rizières, pour que la valse des étiquettes sur les étals des épiceries commence. Une spirale inflationniste infernale pour les consommateurs déjà meurtris par les dépenses onéreuses de la rentrée des classes.

L’État, à part les mesures de fixation des prix plafonds pour chaque variété de riz disponible, a recours à des importations massives. Pas moins d’un demi-million de tonnes l’an passé, afin de combler le déficit de la production nationale. Deux dispositifs censés saper de l’intérieur les manœuvres spéculatives mercantiles des grossistes, à l’origine des pics de prix.

En attendant enfin les résultats apportés par les réformes annoncées. Comme le recours aux semences améliorées, l’utilisation des engrais organiques, la maîtrise de la distribution de l’eau pour ne plus être tributaire des aléas climatiques, la revalorisation des grands bassins rizicoles délaissés, la mécanisation agricole accompagnée de l’adoption de nouvelles techniques culturales, l’accès des paysans au crédit, la résolution des problèmes liés à la propriété foncière. L’assurance agricole, peut-être le maillon manquant de cette chaîne de valeurs, est aujourd’hui envisagée avec le soutien de la Société financière internationale, une branche du Groupe de la Banque mondiale, et la contribution effective du secteur privé. En somme, changer d’une manière radicale la physionomie du monde rural. Reformater une pensée paysanne très attachée aux usages ancestraux.

De nombreux outils sont déjà en place et les résolutions sorties de la Concertation nationale pour l’autosuffisance alimentaire, du 16 au 19 juin au Centre de conférence internationale d’Ivato, doivent consolider ces orientations et options techniques. L’objectif consiste à améliorer le rendement à l’hectare : le ministère de l’Agriculture et de l’élevage (MINAE) vise une production de 6 millions de tonnes pour 2023, avant une progression graduelle de la production de 10 % par an jusqu’en 2027. Dans l’espoir que Madagascar redevienne un pays exportateur de riz. Parmi les stratégies adoptées par le MINAE, figure également le développement et la promotion du riz hybride à Madagascar. Les grains de l’espoir ?

Pour le moment, les importations de riz semblent indispensables. Mais, soumises à la volatilité du marché mondial. En 2005, par exemple, à cause d’une forte hausse de la demande chinoise, Madagascar n’avait pas eu sa «ration» habituelle. Les longues files d’attente matinales, devant les épiceries «agréées», un classique de la révolution socialiste au début des années 80, reparurent. Une « pénuriz» que personne n’a plus envie de revivre.

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