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Editorial

Handicaperte

Emouvant cri du cœur de Falihery Razafindrakoto, membre de l’association Sembana Mijoro sur son compte Facebook concernant le cas des personnes handicapées appelées non sans euphémisme et pudibonderie, personnes ayant un handicap, durant cette crise sanitaire. Les handicapés sont les grands oubliés durant les cinq mois de l’état d’urgence sanitaire. Aucune considération particulière ne leur a été témoignée. Falihery Razafindrakoto à la fois amer et résigné se demande si avec la reprise, les autorités daigneront se pencher sur leur cas. Beaucoup d’entre eux ont perdu leur emploi durant cette crise mais ils n’ont pas eu la même chance des hommes valides, des prostituees. Des le départ, le programme d’assistance sociale n’a pas pris en compte les handicapés. Ils n’ont jamais eu un traitement de faveur et n’ont pas été considérés comme des personnes vulnérables. Ni le Vatsy Tsinjo, ni le Tosika Fameno, ni le Tsinjo Fameno n’a accordé la moindre importance aux handicapés.Jusqu’à présent c’est encore le cas. Or, ils auraient dû être les premiers bénéficiaires de ce soutien de l’État. Un constat qui ne date pas d’aujourd’hui souligne Falihery Razafindrakoto vaillant combattant des droits des handicapés malgré sa paraplégie. Hélas, les droits des handicapés ne sont guère respectés ni dans les transports publics, ni dans les grands établissements hôteliers, ni à l’aéroport, ni dans les stades, ni dans les salles de spectacles, ni dans les hôpitaux… Il n’existe aucune infrastructure appropriée au service des handicapés alors qu’on a un ministère de la Population, d’innombrables ONG, plusieurs associations qui s’occupent des personnes handicapées. Ce n’est pas demain que le mépris envers les personnes handicapées va disparaître. Au contraire, si l’État n’a aucun sentiment pour eux, ce n’est pas une société de plus en plus impitoyable et intolérante qui va leur accorder respect et considération. À preuve les places réservées aux personnes handicapées ont disparu depuis belle lurette dans les transports en commun et les bus ne daignent pas embarquer les personnes handicapées qui ont du mal à monter à bord. Un rejet, une stigmatisation qu’on observe au quotidien dans les autres domaines de la vie à tel point que les handicapés eux mêmes se sont résignés à leur sort. Les enfants handicapés mis dans une poussette servent d’hameçons à la charité arpentent les rues de Tana dans une grande indifférence de la population.

Donc même s’ils avaient eu droit au Vatsy Tsinjo ou Tosika Fameno, ils n’auraient pas eu un traitement spécial vu leurs difficultés motrices. Il n’est pas encore trop tard pour se pencher sur leur cas même s’ils ne constituent pas une force électorale importante. Ils n’ont jamais fait l’objet d’un recensement spécial durant le confinement. Ce sont surtout les organisations internationales qui s’occupent de leur sort avec une marge de manœuvre et des moyens limités. Falihery Razafindrakoto continue pourtant à y croire. Eh oui, l’espoir fait vivre les handicapés.

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