Courrier des lecteurs

Pleure, ô ma natation bien aimée ! (Deuxième partie)

En natation, les performances comptent beaucoup pour mesurer l’évolution de la discipline, comme le PIB en économie. Et si vous voulez le savoir, oui, il y a une relation entre le PIB d’un pays et le niveau général de sa performance en natation, à cause des infrastructures nécessaires à mettre en place pour la préparation de ses sportifs. Piscines chauffée, statuts de sportif de haut niveau, bourses, horaires aménagés, niveau de vie aisé et diététique adaptée, qui leur permettent de s’entraîner au moins 4h par jour et du temps pour se reposer. Fa Tsy hissait rehefa tonga am hariva de mikopaka afo. (et non pas que le soir venu, les athlètes doivent encore allumer le réchaud à charbon pour faire la cuisine.)

Et pourquoi on avait des médailles avant alors ? Oui c’est vrai Moi, Vola Ratsifa, Tojohanitra, Ralefy Sitraka étaient, une fois dans notre vie, les chanceux pour décrocher ces titres océaniques, qui n’étaient pas du tout donnés. Mais depuis le temps où, moi et Sultan Beehary de l’ile Maurice nous avions décroché nos 05 médailles d’or contre 25 pour les Réunionnais et zéro pour les Seychelles, les Mauriciens et les Seychellois ont beaucoup évolué pour arriver à ces résultats et rivaliser l’armada Réunionnaise. Et si vous ne l’avez pas constaté, ils ont un niveau mondial. Parmi ces nageurs Réunionnais figurent ceux dans la sélection nationale française. Qui ne se souvient pas de Franck Schott, champion JIOI 1990 et l’actuel sélectionneur de la Réunion d’ailleurs ? D’Austin Sharon, une ex-nageuse d’Afrique du Sud, une expatriée naturalisée ?

Et si vous les écoutez bien, ces champions s’entraînent soit au Canada, en Amérique, en France, en Australie et quelques-uns n’ont pas l’accent de leur pays adoptif.
Boris Steimetz, nageur de la Réunion, médaillé des JIOI en 2011, était champion du monde, champion olympique et champion d’Europe. Benoît Debast, un médaillé de ces JIOI nageur et à la fois entraîneur dans l’actuelle sélection réunionnaise, est champion de France aux 400 m Nage libre, partenaire d’entraînement d’Alain Bernard, ayant comme entraîneur Philippe Lucas, ex-entraîneur de Laure Manaudou. Passon Félicity, la médaillée d’or, la favorite seychelloise évolue aux États unis et en Angleterre depuis 2017 et même bien avant. L’autre champion mauricien, Simon Bradley, a participé aux Jeux Olympiques de Rio comme Ralefy Sitraka et Estellah qui étaient aussi là-bas mais qui ne font plus partie de la sélection et ont primé la vie familiale et la carrière professionnelle. Normal dites-vous mais ça fait la différence. Pour eux « un champion, c’est comme un trésor qu’il faut préserver » ! Difficile à comprendre n’est-ce pas?
Pour en finir, sachons apprécier la suprématie de ces nageurs des îles sœurs, la qualité de la compétition et les infrastructures mises en place. C’est sûrement en prévision d’accueillir d’autres compétitions internationales et de développer le tourisme sportif et l’économie nationale. La plus belle piscine olympique de l’océan Indien jusqu’à maintenant, et ne sous-estimons pas nos nageurs car ce sont eux les meilleurs du moment, et détenteurs de quelques records et titres nationaux actuels. John, Antsa, Nomena, Francky viennent de signer des records de Madagascar, cette saison, ne l’oublions pas.

C’est une petite délégation qui devrait tout faire, ce n’est pas leur faute. Aller en finale, c’est déjà une bonne chose mais améliorer son temps, c’est aussi signe de performance. On attend les résultats complets pour connaître les records nationaux battus durant ces jeux. Rivaliser les autres nageurs des îles, c’est une autre affaire qui, je le répète, nécessite les grands moyens : une affaire nationale. Souvenez-vous de ce qui s’est passé avec les joueurs du Barea, et de ce que Nicolas Dupuis avait dit: «C’est le travail qui compte ». Moi je dis tout simplement « longue vie à la natation malgache, on est tous derrière, prêts à servir s’il le faut ». Pour l’instant, j’encourage toujours nos représentants, vous êtes toujours nos champions!

Bako Ratsifandrihamanana, OLY (World Olympian Association)
Recordwoman d’Afrique, quadruple médaillée d’or des JIO.

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