Editorial

Footu

Cinq candidats pour briguer la présidence de la Fédération malgache de football. Un chiffre raisonnable par rapport aux cinquante candidats en 2003 et 2006. C’est dire l’engouement pour le sport roi autant pour les footeux que pour ceux qui rêvent de tenir la manette. Mais il faut dire que l’obligation pour un candidat d’être parrainé par au moins trois ligues constitue un facteur d’élimination pour beaucoup. Quand une ligue ne peut parrainer qu’un candidat et qu’il n’y a que vingt-deux ligues, il est évident que certains candidats ne peuvent pas trouver des parrains.

On refera donc l’élection après l’échec d’une première tentative en novembre 2018 à Sambava où le vote n’a pas pu se tenir faute de quorum à la dernière minute. Un candidat sentant la victoire lui échapper a extirpé un votant de la salle pour saper le processus. Les membres des ligues ont demandé, par la suite, à refaire l’élection à Antananarivo mais la FMF n’a jamais accédé à leur demande. La FIFA a dû intervenir pour démettre le bureau de la Fédération et pour mettre en place un comité de normalisation dont la mission principale est d’organiser l’élection avant le 12 mai. Mais le Comité a demandé prolongation à la FIFA vu les tâches qu’il fallait assumer.

L’élection a été ainsi mise de côté au profit de la CAN au Caire avec les résultats que l’on connaît. Beaucoup de donnes ont ainsi changé après ce nouveau report. Deux candidats dont un favori ont préféré entrer dans les rangs. La situation s’est politisée de facto après la présidentielle et les législatives. Si en novembre 2018, aucun candidat n’avait une position privilégiée par rapport à la politique, maintenant trois candidats sont très proches de la majorité au pouvoir dont deux députés et le secrétaire national du parti au pouvoir. Tout a ainsi complètement changé. L’élection a perdu toute sa crédibilité et toute sa sincérité. La politique guidera le vote inévitablement. Un candidat a demandé l’éviction de trois candidats marqués au fer rouge par leur appartenance politique mais le Comité de normalisation a rejeté sa requête.
Le vote est d’autant plus tronqué que certaines ligues ont clairement affirmé pour qui elles vont voter. Le scrutin n’a plus ainsi aucun secret. Inutile de procéder à un vote secret qui n’a plus sa raison d’être.

Le football risque ainsi de ne pas être sorti de l’auberge. Les cinq candidats sont, certes, des passionnés de foot, il n’y a pas l’ombre d’un doute là dessus, mais il faut concevoir un programme de développement réaliste pour rester dans le tempo des Barea. La galère vécue par les Barea au match retour des éliminatoires de la CHAN contre le Mozambique prouve qu’on reste encore dans l’amateurisme et l’improvisation. Une occasion providentielle pour certains candidats qui en ont profité pour faire campagne en comblant les lacunes.
Le sport en général et le foot en particulier ne se développeront pas avec la charité et le clientélisme comme programme. On voit très bien que l’objectif était de récupérer le succès des Barea et non pas de soutenir le sport. L’élection est juste une formalité mais il est patent que tout est footu d’avance.

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