Chronique

Boycott citoyen

Jean-Éric Rakotoarisoa, le président de la Haute Cour Constitutionnelle, a demandé combien de scrutins il faudrait organiser si était fixé un seuil minimal de participation pour la validation d’une élection. Mais, pourquoi nécessairement en re-organiser ?
En Finances publiques, aucune proposition d’accroissement des dépenses n’est recevable sans une augmentation correspondante des recettes tandis qu’une dimunition des ressources oblige à dégager des économies en regard. Si les électeurs d’une circonscription électorale ne se mobilisent pas pour satisfaire à un taux minimal de participation, sans doute, et même très probablement, ne veulent-ils d’aucun des candidats en lice. L’abstention sanctionne la corruption d’un système ou la vénalité d’un candidat. Respecter ce refus interdit de proclamer un «malgré élu».
L’absence de quorum emporte ajournement définitif du dépouillement. Et pour cette législature-là, telle ou telle circonscription n’aura pas de représentant à la Chambre. Et dans les finances de l’État, on fera des économies. Cette conséquence en aval sera abondamment expliquée en amont pour que la population concernée sache très clairement qu’elle a les moyens de faire annuler un scrutin rien qu’en boudant cette manifestation électorale, organisée par une administration qui ne serait pas incontestable et exhibant de tristes figures dont personne ne veut. Qu’elle, population, a le choix de ne pas se rendre complice d’une mascarade qui ferait indéfiniment élire dans un fief, que l’on aura préalablement abêti, un épouvantail couvert de ridicule et bardé de casseroles.
Envisageons la situation extrême d’un candidat unique à un scrutin snobé par neuf autres électeurs : taux de participation 10% ; suffrage exprimé 10% des inscrits mais 100% des votants ; et plébiscite 100% par l’addition à elle-même d’une voix unique. Comment décemment accepter que ce candidat unique, doublé d’un électeur solitaire, puisse représenter les neuf autres ?
On en arrive à envisager l’absurde par la faute des précédentes législatures. L’Assemblée nationale est devenue tellement caricaturale : absentéisme proverbial, assiduité marchandée, votation à l’aveugle, revendication grotesque de droits, privilèges et autres immunités… Rendre sa dignité à l’Assemblée et lui faire retrouver la confiance de la population, voilà qui passe par le tamis immédiat du boycott de tous les incapables : le NON d’un authentique acte de volonté.

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