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Chronique

Madagascar, le Royaume-Uni et le tableau de Henry Room

Le 2 mars 1837, l’ambassade malgache conduite par Andriantsitohaina fut reçue au palais de Windsor, par la reine Adélaïde, épouse de Guillaume IV, roi de Grande-Bretagne et de Hanovre. Cette rencontre fut immortalisée par un tableau de Hen ry Room que la Pos te malgache consacra par un timbre millésime 1965. Le 3 avril 1964, une cérémonie solennelle de remise de ce tableau avait été organisée en la salle du trône du palais de Manjakamiadana. D’abord conservé au Rova d’Antananarivo, ce tableau fut déplacé au Ministère des Affaires étrangères avant d’être exposé dans le bureau présidentiel au palais d’Ambohitsorohitra, jusqu’en juillet 1989. Dix ans plus tard, le tableau fera le voyage retour vers Londres pour être exposé au National Portrait Gallery avant d’être rendu à l’État malgache en octobre 1999. Depuis, on se perd en conjectures quant à l’emplacement exact de ce patrimoine national.

Ce tableau est un rare témoignage des relations avancées entre le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et le Royaume de Madagascar, à la suite du premier traité du 23 octobre 1817 entre Radama 1er et Robert Farquhar, alors Gouverneur de l’île de France (actuelle île Maurice). En octobre 2017, la Princesse royale Anne d’Angleterre avait fait le voyage de Madagascar pour commémorer le bicentenaire de ce traité dont le texte français de l’exemplaire britannique est conservé au British Museum (Add.Mss. 18.135 Fol.245r à 248r) et le texte anglais au Public Record Office de Londres (Colonial Office Records, C.O.167, vol. 34, fol.219r à 221v.).

Si la traçabilité des exemplaires britanniques du Traité du 23 octobre 1817 est transparente, l’état de nos archives royales est inconnu du grand public qui s’était pourtant formidablement ému de l’incendie du Rova, le 6 novembre 1995.

Les présidents successifs de la République ont toujours été comme fascinés par la «chose royale». D’ailleurs, à Madagascar, malgré l’abolition de la royauté par le Gouverneur Général Gallieni en 1897, le peuple accourut en masse pour accueillir à la gare de Soarano les cendres de la reine Ranavalona III, décédée en exil à Alger, et l’accompagner jusqu’au Rova de ses ancêtres. C’était en septembre 1938, vingt ans avant que le Congrès des assemblées provinciales (octobre 1958) ne choisisse la République pour forme de l’État malgache renaissant.

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