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Vaccins : Israël, exemple ou modèle ?

C’est un petit État, adossé à la mer Méditerranée, mur neutre en comparaison du front d’hostilité arabe à l’origine de quatre guerres entre Israël et ses voisins : 1948-1949, 1956, 1967, 1973. Les deux dernières portant des sobriquets presque affectueux «guerre des Six-Jours», «guerre du Yom Kippour». Mais, elles ne furent pas les «Der des Der», chaque prétexte, territorial ou religieux, ressuscitant les braises qui couvent sous la résignation des cessez-le-feu ou l’hypocrisie des accords. Les derniers en date (15 septembre 2020) portant le nom, ô combien ambitieux d’universalisme, «les accords d’Abraham» : entre les Juifs d’Israël et les Musulmans des Émirats arabes, du Bahreïn et du Soudan, sous l’égide des Chrétiens d’Amérique.

C’est dans ce petit État qu’est établi depuis 2008, le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca, à Kfar Saba plus précisément. Pourtant, c’est auprès de Pfizer-BioNTech et Moderna qu’Israël a passé commande de près de vingt millions de doses de vaccin.

Israël a commandé ses vaccins très tôt (juin à décembre 2020) et massivement (18 millions de doses). La campagne de vaccination avait commencé dès le 19 décembre, permettant au pays, à la fin du premier trimestre 2021, de se revendiquer «champion du monde de la vaccination».

Le 25 mars 2021, le Ministère israélien de la Santé annonçait que 4,6 millions d’Israéliens avaient reçu deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech. Fin avril, avec 18 millions de doses de Pfizer et de Moderna en sa possession, Israël déclarait vouloir annuler la commande de 10 millions de doses du vaccin AstraZeneca. Si AstraZeneca refuse pour ne pas se faire une mauvaise publicité supplémentaire, Israël serait prêt à revendre cette commande à d’autres pays.

Alors qu’en certains pays, le vaccin AstraZeneca était refoulé ou suspendu, le journal scientifique «The Lancet» annonçait le mercredi 5 mai 2021, la «bonne nouvelle» pour Pfizer-BioNTech : en Israël, 96,7% de réduction des décès, 91,5% de réduction des formes asymptomatiques.

Cette étude était suffisamment étayée parce que le 34ème PIB mondial n’avait pas hésité à payer 40% plus cher les vaccins pour y avoir un accès préférentiel. En contrepartie de cette livraison très favorisée, Israël mettait les données épidémiologiques à disposition de Pfizer. C’est donc l’histoire d’une entente commerciale avec les compagnies pharmaceutiques. À quel titre ? «Le droit des gens qui paient».

C’est aussi l’histoire d’un État fort, respecté à ses frontières et maître de son territoire : Tsahal, l’armée israélienne, et sa logistique éprouvée a vite fait de quadriller les 20.517 km2 d’Israël pour accompagner la campagne nationale de vaccination et sans doute permettre à Israël d’atteindre son objectif de vacciner ses 9.136.100 habitants (Recensement du Bureau israélien des statistiques au 25 avril 2020) à fin 2021.

Entre le 24 janvier et le 3 avril, 72% des plus de 16 ans et 90% des plus de 65 ans avaient reçu leurs deux doses de Pfizer. Depuis le 1er juin, les restrictions liées au Covid-19 ont été levées en Israël.

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