Editorial

New deal avec les pétroliers

Douche froide en plein hiver. Ceux qui attendaient une baisse des prix du carburant au début du mois depuis le début de la crise sanitaire, peuvent mettre une croix sur leurs attentes. Le Premier ministre Christian Ntsay, devant les députés, a mis un terme aux spéculations et aux supputations sur ce sujet toujours aussi sensible. Il a révélé que l’État devra d’abord apurer une dette de 172 milliards d’ariary auprès des pétroliers avant de penser à réduire prix affichés à la pompe. Soit au mois de septembre-octobre au plus tôt.

Un laps de temps suffisant, une période « d’incubation » nécessaire pour que les rouages de la machine économique mondiale redémarrent. Avec une augmentation incessante du volume de la demande sur le marché pétrolier. Les cours du baril, après avoir touché le fond, à moins de 20 dollars par l’effet inhibant du confinement sur le monde des affaires et des finances, vont bientôt surfer sur une courbe ascendante. À contrario l’ariary, à l’éventuelle sortie de cette crise sanitaire qui semble s’éterniser, va être en convalescence. Pour ne pas dire admis en soins intensifs. Déjà sa parité avec le dollar américain penche en faveur du billet vert à l’issue de chaque séance au Marché interbancaire de devises, MID. Un des paramètres essentiels pour déduire l’addition à présenter aux consommateurs finaux. Un inversement de cette tendance paraît improbable, compte tenu des difficultés rencontrées par tous les secteurs porteurs de la croissance économique globale.

Durant cette rencontre « instructive » avec des députés, Christian Ntsay a été avare de précisions sur les tenants et aboutissants de ces arriérés de paiements colossaux des sociétés et entreprises qui ont la mainmise sur les activités liées aux hydrocarbures, en amont et en aval, depuis l’ère de la privatisation entamée au milieu des années 90. Des crédits de taxes, de la TVA déductible? Peut-être, ou encore une simple compensation tacite de la non-application de la vérité des prix depuis l’avènement du nouveau régime le 19 janvier 2019. Le Président de la république, Andry Rajoelina, s’est engagé à réduire ces prix en question, qu’il considère comme le point de départ de la dérive inflationniste. À la source même de la paupérisation galopante et généralisée de la population.

Voilà donc une piste de réflexion à creuser. Selon des explications émises par une source officielle, ce gel a ainsi provoqué un écart important, un gouffre abyssal entre les prix calculés, suivant un différentiel des coûts de revient bien définis, et ceux mis en vigueur. Aussi, les automobilistes Malgaches n’ont-ils pas bénéficié du plongeon des cours du baril du pétrole de ces six derniers mois. Pourtant, un dégel de ce statuquo ne peut être qu’une bouffée d’oxygène pour tout le monde. Asphyxié et étouffé par le Covid-19.

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