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Editorial

Mal nécessaire

Une hausse des salaires est toujours attendue par les employés des secteurs public et privé. C’est toujours mieux que rien. Cette fois la hausse est sans précédent avec un taux de 25% de hausse pour les salaires les plus bas. Elle est dégressive selon les catégories professionnelles. C’est un gros effort de l’État dans une conjoncture difficile où l’économie a été minée par la crise sanitaire puis laminée par les cyclones avant que la guerre en Ukraine ne porte le coup d’estoc.

Il lui a donc fallu faire un grand tour de bras pour pouvoir procéder à cette augmentation. Mais il faut dire que c’est également une obligation pour diluer la hausse des prix que l’État tente d’amortir avec le plafonnement des prix. Pour le moment cela tient. C’est justement cette hausse qui pourrait ébranler les mesures prises jusqu’ici. Par expérience, une hausse des salaires est accompagnée d’une hausse systématique des prix.

C’est en fait une spirale étant donné qu’une hausse des salaires est synonyme de hausse des charges d’une société ou entreprise, d’une école, d’une clinique, d’une pharmacie qui vont répercuter l’augmentation sur prix aux consommateurs. Et si le salaire est majoré de 25%, il faut s’attendre à ce que le prix des biens et services soient majorés du double. C’est là que l’équation se complique étant donné que si les employés des secteurs public et privé confondus bénéficiaires de la hausse de salaire se comptent au grand maximum à un million de personnes, le reste de la population soit vingt-quatre millions d’individus trinquent l’augmentation des prix. Eux ils n’ont rien eu. Pas d’allégement fiscal annoncé, pas de tosika fameno en vue. Or ils sont les plus vulnérables et les plus démunis.

Avec la hausse prochaine du prix des carburants, l’affaire va se corser. La hausse des salaires, aussi importante soit-elle risque d’être diluée par une kyrielle d’augmentation de prix qui va s’ensuivre. Mais l’État ne pouvait pas rester les bras croisés face à la hausse vertigineuse du prix des PPN.

Il y a beaucoup à dire dans cette hausse perçue par certains comme un nivellement par le bas. Qu’à cela ne tienne. De toutes les façons le salaire ne pourra jamais gagner le course contre le prix dans sa forme actuelle. Il faudra revaloriser le point d’indice pour qu’une augmentation satisfasse le rêve des syndicats, pour que le salaire minimum équivale à un montant qui peut couvrir les charges élémentaires et vitales d’un employé.

Pour le moment il y a loin de la coupe aux lèvres mais la hausse est un mal nécessaire et la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Le plus beau président également.

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