Pandémie - Les enfants souffrent de la crise sanitaire


Le secteur de l’éducation a été tout autant touché par la pandémie. Une enquête rapide sur l’impact socio-économique de la COVID-19 sur la situation des enfants (ERISC) l’a révélé. Vonjy ( nom d’emprunt), un petit garçon de 12 ans. Vendeur de masques chirurgicaux ambulant, il doit aider sa petite famille durant cette période de coronavirus. « Ma mère ma mère continuons de faire ce travail depuis le confinement, depuis l’année dernière jusqu’à aujourd’hui. On passe d’un quartier à un autre pour pouvoir en vendre », indique-t-il. En vendant trois à quatre masques par jour, il n’arrive pas à gagner plus de 2000 ariary. À pied, il sillonne le centre-ville, depuis Anosy jusqu’à Mahamasina vers Analakely avec deux boîtes de masques entre les mains et un petit sac à dos. Malgré le bénéfice reçu par la vente, la vie est très difficile pour Vonjy et sa petite famille. « J’habite à Ampitatafika et je vis avec ma famille. Pour pouvoir gagner notre vie, on doit se déplacer dans le centre-ville. On récupère la marchandise à vendre à Antanimena », indique-t-il., Vonjy semble être mature malgré son jeune âge. Il était en classe de neuvième dans une école privée de son quartier lorsqu’il a été contraint d’arrêter pour travailler. « Ma mère n’arrive plus à mettre de son côté de l’argent pour que je retourne à l’école. Depuis, je l’aide chaque jour pour pouvoir économiser », indique-t-il. Pour Vonjy, retrouver le banc de l’école est son plus grand souhait, mais faute de moyen, il a dû abandonner. La pandémie a affecté les parents et les enfants. Dans une école privée de la capitale, durant l’année 2020, cinq enfants ont dû abandonner les bancs de l’école à cause du manque d’argent dû à la crise sanitaire. « D’un côté, la plupart des enfants aident leurs parents pour le gagne-pain quotidien, puis ils n’arrivent plus à revenir en classe. De l’autre, les parents font face à tellement de difficultés qu’ils n’arrivent plus à payer les frais de scolarité », indique un directeur de l’école dans la capitale. Travail des enfants Selon l’enquête rapide sur l'impact socio-économique de la Covid-19 sur la situation des enfants à Madagascar, les enfants souffrent des conséquences de la pandémie. Elle a été réalisée par le ministère de l’Économie et des finances par l’intermédiaire de l’Instat avec le soutien de l’UNICEF. Au niveau de l’éducation, seulement près de la moitié, 43% des écoles, ont été ré-ouverts entre la fin du mois de mars 2020 et la période de l’enquête au mois de septembre. L’enquête a été réalisée auprès de mille cinq cent quatre-vingt ménages répartis dans les vingt deux régions. Néanmoins, le taux d’incidence du travail des enfants a connu une baisse, selon les résultats de l’enquête. Avec la contraction générale de l’économie et des activités économiques, l’incidence du travail des enfants a connu une légère baisse en passant de 41% en 2018 à 34% en 2020. « L’explication de cette baisse est surtout la restriction des activités non essentielles », indique Iary Michel Rakoton­dradany, directeur des statistiques des conditions de vie des ménages.
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