Avec 90% d’employés au chômage technique ou licenciés pour des raisons économiques, le secteur du tourisme est sans nul doute l’une des plus grandes victimes de la crise sanitaire en cours. Une situation alarmante depuis mars 2020. Et elle n’évolue pas suffisamment pour rassurer les acteurs du secteur. À tel point que quelques solutions proposées deviennent souvent sources de litige à l’image du programme « Miatrika Covid » que certains acteurs estiment « inapproprié » pour répondre aux véritables besoins du secteur. Ce programme est essentiellement axé sur la formation, alors que la majeure partie des entreprises touristiques tournent au ralenti, au mieux. La plupart des grandes enseignes hôtelières ont du mal à s’adapter à la situation. Certaines d’entre elles fonctionnent avec le quart de leur clientèle habituelle. D’autres se contentent des rares événements organisés par des entités publiques ou privées dans leurs salles de conférences. Des hôtels et restaurants ont profité du marasme pour faire peau neuve, pour mieux faire face à l’avenir, à l’exemple du Louvre à Antaninarenina, en travaux depuis 2020. En octobre dernier, la réouverture de Nosy-be aux touristes n’a pas permis de répondre aux principaux soucis, car le nombre d’arrivées est loin de permettre aux hôtels de reprendre le niveau de leurs activités d’avant la crise. « Seuls les établissements disposant de moins de 50 chambres ont rouvert leurs portes », a reconnu le ministre chargé du secteur, Joël Randriamandranto. Quand l’Europe se barricade à nouveau En outre, la décision interdisant l'embarquement de passagers au départ des pays où l'on enregistre une deuxième vague de Covid-19 réduit davantage la chance d’une relance rapide. Pire, toute l’Europe est en train de se barricader. Ce n’est pas demain que la donne va changer, même si les efforts de vaccination sont réels au niveau des différents pays de l’Union européenne. L’inquiétude est encore palpable. Il a été même annoncé par des acteurs du secteur, que l’année 2021 pourrait être pire pour le tourisme à Madagascar. « 2021 sera encore pire du fait des reports des diverses échéances à régler. Des établissements n'ont effectivement pas pu fermer car les centres fiscaux refusent la procédure. Les faillites sont prévisibles pour certains établissements », prévient Johann Pless, Président du Conseil d’administration de la Fédération des hôteliers et restaurateurs de Madagascar (FHORM). C’est l’une des raisons qui ont poussé cette fédération professionnelle à lancer un appel de solidarité. Les opérateurs du CHR (café, hôtel, restaurant) ont été récemment invités à grossir le rang de la fédération pour faire face à la crise. Tous les acteurs du secteur sont mobilisés en vue de ce qu’ils qualifient à juste titre de « combat pour la survie ». Pour le moment, la FHORM regroupe environ 25% du parc hôtelier de la Grande île, soit quelque 7 000 chambres, pour un total d’un peu plus de 28 000 chambres répertoriées sur tout le territoire par le ministère du Tourisme en 2018. Pour la fédération, la solidarité est un atout pour faire face à la crise sanitaire. « Nous continuons à marcher aux côtés de la Confédération du tourisme (CTM) pour obtenir des soutiens pour la préservation des emplois, l'appui aux entreprises et la mise en œuvre d'un plan de relance », a récemment soutenu, Jimmy Rakotoarisoa, Directeur Exécutif de la FHORM. L’Afrique comme planche de salut? L’espoir repose actuellement sur la future ouverture du pays à la région Afrique. Cela ne permettra sans doute pas une véritable reprise mais l’annonce a mis du baume au cœur à certains acteurs du secteur. Par ailleurs, les opérateurs touristiques comptent sur le soutien des autorités de tutelle pour éviter la catastrophe. Dans un communiqué conjoint, le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) et la FHORM appellent à une « consolidation du dialogue Public Privé afin d’aboutir à une gouvernance et au développement concerté et bénéfique à toutes les parties prenantes ». Les deux groupements parlent aussi de la nécessité d’une « prise en charge des arriérés de factures de la Jirama d’avril à novembre 2020 » et de la « prise en charge des charges sociales 2020 ». La subvention de l’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM) a été aussi évoquée afin de l’aider à « assurer sa mission de promotion nationale et internationale ». Mais tout dépendra du retour en masse des touristes. C’est ainsi que le GEM et la FHORM ont également mis en exergue « la création d’un corridor de tourisme d’affaire avec test PCR au départ et à l’arrivée, l’ouverture du tourisme au marché régional dès avril 2021, avec test PCR au départ (ou vaccin) et à l’arrivée ainsi que l’ouverture au tourisme international en juin 2021». Tout ceci semble incontournable si le pays veut appuyer la relance du tourisme puisque l’objectif pour 2023 a été plutôt ambitieux. Les groupements professionnels et les autorités tablaient sur l’arrivée dans la Grande Île de 500 000 touristes. Cet objectif s’est de plus en plus éloigné depuis la pandémie. Avec une contribution à hauteur de 7 à 10% au PIB, avec 44 000 emplois directs et 1 500 000 emplois indirects, il est clair que le tourisme fait partie des principaux contributeurs au développement du pays. Mais la crise sanitaire en a décidé autrement.
Avec 90% d’employés au chômage technique ou licenciés pour des raisons économiques, le secteur du tourisme est sans nul doute l’une des plus grandes victimes de la crise sanitaire en cours. Une situation alarmante depuis mars 2020. Et elle n’évolue pas suffisamment pour rassurer les acteurs du secteur. À tel point que quelques solutions proposées deviennent souvent sources de litige à l’image du programme « Miatrika Covid » que certains acteurs estiment « inapproprié » pour répondre aux véritables besoins du secteur. Ce programme est essentiellement axé sur la formation, alors que la majeure partie des entreprises touristiques tournent au ralenti, au mieux. La plupart des grandes enseignes hôtelières ont du mal à s’adapter à la situation. Certaines d’entre elles fonctionnent avec le quart de leur clientèle habituelle. D’autres se contentent des rares événements organisés par des entités publiques ou privées dans leurs salles de conférences. Des hôtels et restaurants ont profité du marasme pour faire peau neuve, pour mieux faire face à l’avenir, à l’exemple du Louvre à Antaninarenina, en travaux depuis 2020. En octobre dernier, la réouverture de Nosy-be aux touristes n’a pas permis de répondre aux principaux soucis, car le nombre d’arrivées est loin de permettre aux hôtels de reprendre le niveau de leurs activités d’avant la crise. « Seuls les établissements disposant de moins de 50 chambres ont rouvert leurs portes », a reconnu le ministre chargé du secteur, Joël Randriamandranto. Quand l’Europe se barricade à nouveau En outre, la décision interdisant l'embarquement de passagers au départ des pays où l'on enregistre une deuxième vague de Covid-19 réduit davantage la chance d’une relance rapide. Pire, toute l’Europe est en train de se barricader. Ce n’est pas demain que la donne va changer, même si les efforts de vaccination sont réels au niveau des différents pays de l’Union européenne. L’inquiétude est encore palpable. Il a été même annoncé par des acteurs du secteur, que l’année 2021 pourrait être pire pour le tourisme à Madagascar. « 2021 sera encore pire du fait des reports des diverses échéances à régler. Des établissements n'ont effectivement pas pu fermer car les centres fiscaux refusent la procédure. Les faillites sont prévisibles pour certains établissements », prévient Johann Pless, Président du Conseil d’administration de la Fédération des hôteliers et restaurateurs de Madagascar (FHORM). C’est l’une des raisons qui ont poussé cette fédération professionnelle à lancer un appel de solidarité. Les opérateurs du CHR (café, hôtel, restaurant) ont été récemment invités à grossir le rang de la fédération pour faire face à la crise. Tous les acteurs du secteur sont mobilisés en vue de ce qu’ils qualifient à juste titre de « combat pour la survie ». Pour le moment, la FHORM regroupe environ 25% du parc hôtelier de la Grande île, soit quelque 7 000 chambres, pour un total d’un peu plus de 28 000 chambres répertoriées sur tout le territoire par le ministère du Tourisme en 2018. Pour la fédération, la solidarité est un atout pour faire face à la crise sanitaire. « Nous continuons à marcher aux côtés de la Confédération du tourisme (CTM) pour obtenir des soutiens pour la préservation des emplois, l'appui aux entreprises et la mise en œuvre d'un plan de relance », a récemment soutenu, Jimmy Rakotoarisoa, Directeur Exécutif de la FHORM. L’Afrique comme planche de salut? L’espoir repose actuellement sur la future ouverture du pays à la région Afrique. Cela ne permettra sans doute pas une véritable reprise mais l’annonce a mis du baume au cœur à certains acteurs du secteur. Par ailleurs, les opérateurs touristiques comptent sur le soutien des autorités de tutelle pour éviter la catastrophe. Dans un communiqué conjoint, le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) et la FHORM appellent à une « consolidation du dialogue Public Privé afin d’aboutir à une gouvernance et au développement concerté et bénéfique à toutes les parties prenantes ». Les deux groupements parlent aussi de la nécessité d’une « prise en charge des arriérés de factures de la Jirama d’avril à novembre 2020 » et de la « prise en charge des charges sociales 2020 ». La subvention de l’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM) a été aussi évoquée afin de l’aider à « assurer sa mission de promotion nationale et internationale ». Mais tout dépendra du retour en masse des touristes. C’est ainsi que le GEM et la FHORM ont également mis en exergue « la création d’un corridor de tourisme d’affaire avec test PCR au départ et à l’arrivée, l’ouverture du tourisme au marché régional dès avril 2021, avec test PCR au départ (ou vaccin) et à l’arrivée ainsi que l’ouverture au tourisme international en juin 2021». Tout ceci semble incontournable si le pays veut appuyer la relance du tourisme puisque l’objectif pour 2023 a été plutôt ambitieux. Les groupements professionnels et les autorités tablaient sur l’arrivée dans la Grande Île de 500 000 touristes. Cet objectif s’est de plus en plus éloigné depuis la pandémie. Avec une contribution à hauteur de 7 à 10% au PIB, avec 44 000 emplois directs et 1 500 000 emplois indirects, il est clair que le tourisme fait partie des principaux contributeurs au développement du pays. Mais la crise sanitaire en a décidé autrement.