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Antsiranana – Le Premier ministre tance les autorités locales

Le Premier ministre Ntsay Christian a effectué une descente à Antsiranana, samedi.

Les autorités locales à Antsiranana en ont pris pour leur grade. Christian Ntsay les a fortement réprimandées pour manque de compétence et de prise de responsabilité.

Des responsables proactifs. En somme, telle est l’exigence formulée par Christian Ntsay, Premier ministre, durant sa descente à Antsiranana, samedi. Sans ambages, le chef du gouvernement et de l’administration a fustigé l’attentisme et les lacunes dans la gouvernance des autorités locales.

« Pour que le développement escompté soit perceptible par la population, par les ménages, il faut que tout un chacun y mette du sien. Ce qu’il y a, c’est qu’il y a ceux qui n’ont rien durant cette année qui s’est écoulée. Il y a de grosses lacunes au niveau des autorités locales », a déclaré le locataire de Mahazoarivo, en ajoutant, « voilà un an que le président de la Répu­blique est entré en fonction, je pose alors la question à tous les fonctionnaires du pays et particulièrement, à ceux de la région DIANA, qu’avez-vous fait pour aider à la concrétisation de la vision présidentielle, de la politique de développement de l’État ? ».

À l’écoute de son intervention relayée par la télévision nationale et à la lecture du communiqué de presse de la primature, le Premier ministre Ntsay a eu des mots singulièrement durs contre les autorités de la région DIANA. Profitant de son passage à Antsiranana, capitale de cette collectivité, il les a réunies pour faire le point sur la situation locale. A part les conséquences des dernières intempéries, les autorités locales en ont profité pour faire un rapport d’activité de l’année passée, à s’en tenir à la missive de la primature.

Le rapport présenté par les autorités de la région DIANA, a donc, reçu un blâme de la part du chef du gouvernement. « Cette région est en retard dans le développement à cause des tergiversations dans la prise de responsabilité », a répliqué Christian Ntsay. « Incom­pétence, connivence et absence de leadership », sont les raisons qu’il a soulevées pour bétonner ses affirmations quant à la défaillance de ses interlocuteurs.

Astreint à la figuration

Le Premier ministre a surtout mis l’accent sur l’absence de réactivité, de proactivité de la part des autorités locales qui lui ont fait face, à Antsiranana. Prenant l’exemple d’un cas de peste porcine déclarée à Ambilobe, il a tancé, « vous vous êtes juste limités à un rapport au ministère, sans prendre aucune mesure d’urgence ». Soulignant le fait qu’après un an de mandat, l’administration Rajoelina ne peut plus se permettre de tergiverser, le chef du gouvernement a soutenu qu’« un changement de démarche, plus de professionnalisme », sont nécessaires.

« Les autorités locales doivent prendre les responsabilités qui leur incombent, sans attendre l’État central afin d’apporter des solutions promptes aux problèmes de la population », a alors ajouté le Premier ministre. Ces remontrances sont, visiblement, une manière de rappeler aux autorités locales qu’elles doivent elles aussi, suivre la dynamique impulsée par le sommet de l’État. Lors de la présentation du nouveau gouvernement, « action, résultats rapides, palpables, quantifiables et surtout impactant directement sur le quotidien de la population », sont les mots d’ordre martelés par Andry Rajoelina, président de la République.

S’il s’est adressé aux autorités de la région DIANA, samedi, les réprimandes du Premier ministre pourraient concerner la plupart des responsables locaux dans tout le pays. Dans bon nombre de circonstances, le manque de réactivité des autorités locales est, souvent décrié. Souvent trop timorées, elles se confinent à des rapports à leur hiérarchie au niveau central et attendent systématiquement leurs instructions pour agir. Ce qui retarde les actions étatiques.

Dans certaines circonstances, cet attentisme s’explique par la crainte permanente d’être relevé de ses fonctions en cas d’action non adoubée par ses supérieurs. Voulant à tout prix soigner leur image, des responsables au niveau central veulent s’attribuer tous les lauriers des actions de leur département quitte à astreindre tacitement leurs subordonnés à des rôles de figuration et de rapporteurs. Le changement de méthode exigé par le Premier ministre vaut donc, également, pour les autorités de l’État central pour que l’ensemble de l’orchestre administratif soit au diapason.

1 commentaire

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  • Sans autorisation des autorités gardiens de la sécurité routière, les particuliers n’ont pas à bétonner les routes sous prétexte d’avoir apporter de l’aide financière pour être remboursé en retour.
    Absurde puisque cimenter dans la boue sans même savoir dé-séché l’espace concerné démontre la bassesse humaine à tout démonté inutilement à cause de la grande carence de l’éducation  » sage, réfléchie, intelligente ».
    Penser aux conséquences à venir est importante. De l’argent perdu cumulé à travers tout le pays réunis atteint des millions d’euros.