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Editorial

Vœux d’impuissance

Bonne et heureuse année. À chaque nouvelle année on formule les mêmes vœux. L’homme espère que l’année qui pointe son nez sera bien meilleure que sa devancière. La nouvelle année est toujours accueillie dans une liesse indescriptible, les gens font des dépenses inimaginables pour être au rendez-vous du nouvel an. Pourtant au réveil rien ne change. Le décor est resté le même. La ville est submergée par les ordures, les rues se détériorent davantage à chaque pluie, l’insécurité s’aggrave proportionnellement à la pauvreté, les prix des denrées restent exorbitants… Mais l’espoir fait vivre les électeurs et les politiciens.

On continue à croire celui qui ose promettre pouvoir résoudre tous ces problèmes sociaux d’un coup de baguette magique assorti de quelques générosités justes populistes. Voilà pourquoi les années qui changent ne sont pas porteurs d’amélioration. Elles sont le propre reflet qui dirigeants qui se succèdent. On regrette toujours celui qu’on a dégagé du pouvoir. Le nouveau ne vaut pas l’ancien qu’on avait accusé de tous les maux de la terre. On a tout essayé aussi bien des gens bardés de diplômes et de connaissances que des gens dont le success story est le seul fait d’armes dans son CV. À l’arrivée la pauvreté reste collée à la peau en quarante ans de perfusion des bailleurs de fonds.

Les élections sont au programme cette année. Les candidats potentiels à la présidentielle ont déjà la bougeotte. Le peu qui s’est montré est plutôt armé de critiques que de programme, d’intention que de détermination. Le fait est que la race de vrais politiciens animés d’idées et d’idéologie est exterminée avec la disparition de Philibert Tsiranana, de Monja Jaona, de Herizo Razafimahaleo, de Richard Andriamanjato, de Gisèle Rabesahala, d’Albert Zafy, de Manandafy Rakotonirina, de Didier Ratsiraka…

Il ne reste plus qu’une petite poignée de politiciens qui carburent vraiment au patriotisme mais ils ont décidé de s’effacer de la scène politique de guerre lasse. C’est tout le drame. Si les intellectuels démissionnent de la vie politique comme la masse électorale, il va sans dire que la situation va empirer. Pourtant la résignation a un sort prémédité, à une malédiction divine semble envahir ceux qui sont censés être une lumière quand le pays est plongé dans les ténèbres. Autrement dit on ne peut que faire des voeux d’impuissance face à une situation plombée. L’année change mais le calendrier reste la seule illustration du passage à un nouvel an.

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