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Incendie à Andekaleka – Accident ou sabotage ?

Les riverains tentent d’éteindre le feu avec des moyens rudimentaires, faute de pompiers.

Un transformateur d’une puissance de 30 MW a pris feu hier à Andekaleka. Un drame curieux.

L’année commence mal pour la Jirama et surtout les usagers. Alors que le délestage fait rage actuellement, l’explosion d’un transformateur d’une puissance de 30 MW à Andekaleka hier matin vient compliquer la situation. On ignore pour le moment l’origine du feu toujours est-il que le transformateur est hors d’usage.

Chose curieuse, l’usine d’Andekaleka semble ne pas disposer ni d’un service de sapeurs-pompiers ni d’extincteurs. Ce sont les riverains et les employés qui ont essayé de circonscrire le feu avec les moyens du bord. Un tuyau de fortune, du sable, des cailloux… L’ivresse du feu a eu raison de leur courage. Le mal est fait. Les dégâts sont importants.

La conséquence immédiate de cet incident sera le durcissement du délestage. Le transfo détruit alimente le réseau interconnecté d’Antananarivo dont le besoin quotidien est estimé à 250 MW. La puissance fournie par les prestataires de la Jirama n’arrivent pas à satisfaire cette demande. Avec 30 MW en moins on imagine déjà ce qui va se passer. Dès hier la durée du délestage tournant a été rallongée dans plusieurs quartiers de la capitale. Et cela va durer plusieurs semaines ou mois.

Argument politique

Dans un communiqué, la Jirama tente de rassurer l’opinion indiquant que « le rétablissement des installations endommagées a débuté hier même permettant à la centrale d’assurer la fourniture d’électricité ». En outre, le communiqué mentionne également que «le dédouanement du matériel au port de Toamasina sera également accéléré pour moderniser et renforcer les installations dans la centrale hydroélectrique». En attendant, les usagers doivent s’armer de patience.

L’incident arrive à un moment crucial pour la Jirama, endettée jusqu’au coût et incapable de régler les factures de ses fournisseurs d’énergie. On se demande alors s’il s’agit d’un accident comme cela peut arriver à tous les transfo comme c’est le cas d’un transfo près de Akoor Digue la semaine passée ou d’un sabotage ? L’enquête, s’il y en aura donnera un éclairage à ce propos. Toute éventualité est possible étant donné que le problème d’énergie est passé d’un sujet social à un argument politique. Outre la hausse de prix des produit de première nécessité, la pénurie d’eau, l’insécurité, le problème d’énergie constitue un véritable blocage des activités économiques de la population en particulier les PME et les PMI.

Si l’État ne trouve pas des solutions urgentes et appropriées à tous ces problèmes, une explosion sociale peut arriver à tout moment. Et au moment où on s’y attend le moins pour un motif de rien du tout. Mais jusque-là la population a fait montre de retenue et de modération. Jusqu’à quand supportera-t-elle la situation ?

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