Quelques semaines après leur entrée, dans la capitale malgache, les troupes françaises d'occupation doivent faire face à différents troubles, notamment du 10 au 21 décembre 1895 sur la côte Est. D'après les rapports envoyés en France, tout commence le 10 décembre quand des « bandes de Fahavalo » (il s'agit en fait de groupes d'insurgés Menalamba) commencent à infester les régions de Vatomandry et de Mahanoro « sous le prétexte de massacrer les Hovas ». Le 15 décembre suivant, le croiseur « Dupetit-Thouars » débarque à Vatomandry cinquante hommes d'infanterie de marine, commandés par le capitaine Durand. Le lendemain, ce dernier se lance à la poursuite des « rebelles » qui fuient en direction de Tanimandry. Un jeune colon d'origine norvégienne, agent de la Maison Procter, M. Engh, trouve la mort dans cette circonstance. D'après le rapport officiel, il aurait été « victime de sa propre imprudence ». « Il s'était engagé dans la campagne avec des troupes françaises. À un moment donné, il prit les devants et se trouva séparé du détachement par une rivière qu'il avait trouvé moyen de franchir le premier. À partir de ce moment, on ne le revit plus. » Le détachement rentre à la nuit et le « Dupetit-Thouars » quitte Vatomandry le lendemain matin, sans que M. Engh ait reparu. Ce n'est que dans la journée du 18 décembre que le corps du malheureux est retrouvé, percé d'un coup de sagaie. Le 16 décembre, c'est au tour du bâtiment « Dumont-d'Urville » de partir de Toamasina, cette fois pour Mahanoro, également avec cinquante soldats et le résident de France, le Dr Besson. Celui-ci finit par arrêter les troubles qui allaient se propager dans la région. Le 21 décembre, quatre cents à cinq cents nouveaux Menalamba arrivent du Sud. Le capitaine Durand va au devant d'eux pour leur demander ce qu'ils veulent. Ils répondent avec diplomatie qu'ils viennent « saluer le drapeau français » et demander l'autorisation d'entrer en ville « pour tuer les Hovas » car, ajoutent-ils, « il n'y en a plus dans les campagnes, nous les avons tous tués ». Le capitaine Durand réplique que s'ils ont à se plaindre des Hova, ils peuvent demander justice aux autorités françaises. Il les invite à le suivre pour formuler leurs plaintes. Les Malgaches acceptent l'invitation. Toutefois, en cours de route, « un bon nombre d'entre eux disparut, car il n'en arriva que cent trente six à Vatomandry, où ils furent mis en lieu sûr ». Le 23 décembre, une autre bande de Fahavalo attaque le village de Tanimandry, en face d'Andevoranto. Le lieutenant-colonel Gonard repousse assez aisément les assaillants. Et tandis que dans l'Est, la pacification se poursuit, le général Duchesne, commandant en chef des forces françaises, télégraphie d'Antananarivo que le calme est rétabli en Emyrne. « La situation est satisfaisante dans la capitale. Des postes de Haoussas sont échelonnés sur la route, de Tamatave à Tananarive, où la circulation a repris. L'état sanitaire (des troupes) est relativement bon. » Mais dans un autre télégramme du 6 janvier, il revient sur le « soulèvement survenu dans l'Est et dirigé contre les Hovas » et qui « a échoué grâce à l'intelligente intervention du Dr Besson et aux mesures militaires qui ont été prises ». Il confirme aussi que dans le sud-ouest de l'Emyrne, le calme paraît entièrement rétabli. « Les derniers rebelles se sont enfuis vers le Sud où il sera nécessaire d'envoyer une troupe. » S'il en est ainsi de la situation militaire, sur le plan civil, le résident général Hippolyte Laroche envoie une lettre au supérieur des missionnaires de la Trappe, en Algérie. « Chargé de la grande mission de fonder à Madagascar la colonisation française, je souhaite des alliés d'élite comme les Trappistes ». Ce choix s'explique par le fait qu'étant ancien préfet d'Alger, il a vu « le magnifique domaine qu'ils ont créé à Staouéli, les sympathies que, par leur hospitalité, par leurs bienfaits, ils savent s'attirer de tous les gens qui ont été en contact avec eux ». En demandant quelques Trappistes, il souligne que ceux-ci rendraient à la nouvelle colonie, à la civilisation, « un signalé service » et coopèreraient au premier rang « à la conquête morale et pacifique d'un pays dont nous ne sommes encore que les conquérants militaires ».
Quelques semaines après leur entrée, dans la capitale malgache, les troupes françaises d'occupation doivent faire face à différents troubles, notamment du 10 au 21 décembre 1895 sur la côte Est. D'après les rapports envoyés en France, tout commence le 10 décembre quand des « bandes de Fahavalo » (il s'agit en fait de groupes d'insurgés Menalamba) commencent à infester les régions de Vatomandry et de Mahanoro « sous le prétexte de massacrer les Hovas ». Le 15 décembre suivant, le croiseur « Dupetit-Thouars » débarque à Vatomandry cinquante hommes d'infanterie de marine, commandés par le capitaine Durand. Le lendemain, ce dernier se lance à la poursuite des « rebelles » qui fuient en direction de Tanimandry. Un jeune colon d'origine norvégienne, agent de la Maison Procter, M. Engh, trouve la mort dans cette circonstance. D'après le rapport officiel, il aurait été « victime de sa propre imprudence ». « Il s'était engagé dans la campagne avec des troupes françaises. À un moment donné, il prit les devants et se trouva séparé du détachement par une rivière qu'il avait trouvé moyen de franchir le premier. À partir de ce moment, on ne le revit plus. » Le détachement rentre à la nuit et le « Dupetit-Thouars » quitte Vatomandry le lendemain matin, sans que M. Engh ait reparu. Ce n'est que dans la journée du 18 décembre que le corps du malheureux est retrouvé, percé d'un coup de sagaie. Le 16 décembre, c'est au tour du bâtiment « Dumont-d'Urville » de partir de Toamasina, cette fois pour Mahanoro, également avec cinquante soldats et le résident de France, le Dr Besson. Celui-ci finit par arrêter les troubles qui allaient se propager dans la région. Le 21 décembre, quatre cents à cinq cents nouveaux Menalamba arrivent du Sud. Le capitaine Durand va au devant d'eux pour leur demander ce qu'ils veulent. Ils répondent avec diplomatie qu'ils viennent « saluer le drapeau français » et demander l'autorisation d'entrer en ville « pour tuer les Hovas » car, ajoutent-ils, « il n'y en a plus dans les campagnes, nous les avons tous tués ». Le capitaine Durand réplique que s'ils ont à se plaindre des Hova, ils peuvent demander justice aux autorités françaises. Il les invite à le suivre pour formuler leurs plaintes. Les Malgaches acceptent l'invitation. Toutefois, en cours de route, « un bon nombre d'entre eux disparut, car il n'en arriva que cent trente six à Vatomandry, où ils furent mis en lieu sûr ». Le 23 décembre, une autre bande de Fahavalo attaque le village de Tanimandry, en face d'Andevoranto. Le lieutenant-colonel Gonard repousse assez aisément les assaillants. Et tandis que dans l'Est, la pacification se poursuit, le général Duchesne, commandant en chef des forces françaises, télégraphie d'Antananarivo que le calme est rétabli en Emyrne. « La situation est satisfaisante dans la capitale. Des postes de Haoussas sont échelonnés sur la route, de Tamatave à Tananarive, où la circulation a repris. L'état sanitaire (des troupes) est relativement bon. » Mais dans un autre télégramme du 6 janvier, il revient sur le « soulèvement survenu dans l'Est et dirigé contre les Hovas » et qui « a échoué grâce à l'intelligente intervention du Dr Besson et aux mesures militaires qui ont été prises ». Il confirme aussi que dans le sud-ouest de l'Emyrne, le calme paraît entièrement rétabli. « Les derniers rebelles se sont enfuis vers le Sud où il sera nécessaire d'envoyer une troupe. » S'il en est ainsi de la situation militaire, sur le plan civil, le résident général Hippolyte Laroche envoie une lettre au supérieur des missionnaires de la Trappe, en Algérie. « Chargé de la grande mission de fonder à Madagascar la colonisation française, je souhaite des alliés d'élite comme les Trappistes ». Ce choix s'explique par le fait qu'étant ancien préfet d'Alger, il a vu « le magnifique domaine qu'ils ont créé à Staouéli, les sympathies que, par leur hospitalité, par leurs bienfaits, ils savent s'attirer de tous les gens qui ont été en contact avec eux ». En demandant quelques Trappistes, il souligne que ceux-ci rendraient à la nouvelle colonie, à la civilisation, « un signalé service » et coopèreraient au premier rang « à la conquête morale et pacifique d'un pays dont nous ne sommes encore que les conquérants militaires ».