Chronique

Chronique de VANF – Matzneff, générique pédophile

Le 26 janvier 1977, Le Monde et Libération publiaient une pétition qui prétendait dépénaliser les relations sexuelles entre adultes et enfants tant que ceux-ci ne subissaient «aucune violence» et étaient «consentants». Rédigée par Gabriel Matzneff, né en 1936, cette pétition avait été signée par 69 personnalités dont Louis Aragon (écrivain, il avait 80 ans à l’époque de la pétition, mort en 1982), Jean-Paul Sartre (écrivain et philosophe, 72 ans en 1977, mort en 1980), Simone de Beauvoir (philosophe et écrivaine, 69 ans en 1977, morte en 1986), Roland Barthes (philosophe, 62 ans en 1977, mort en 1980), Bernard Muldworf (psychiatre et psychanalyste, 54 ans en 1977, mort en 2019), Philippe Sollers (écrivain, 41 ans en 1977), Jack Lang (inventeur de la Fête de la musique, 38 ans en 1977), Bernard Kouchner (cofondateur de Médecins sans frontières, 38 ans en 1977)…

À leur décharge, l’appartenance, intellectuelle et générationnelle à mai 1968 : «Interdit d’interdire». Même dix ans après les barricades, signer cette pétition, c’était se revendiquer du côté des contestataires contre l’ordre moral. Proclamer la sexualité libre, même pédophile, c’était garder le cap sur une voie subversive, rien que pour choquer le bourgeois. Comme les révolutionnaires de 1789 (France), de 1917 (Russie), de 1949 (Chine), le manifeste d’une fracture de civilisation : beaucoup d’espoirs, trop de rêves, tant de monstruosités. Ah, liberté : que de crimes en ton nom.

En 1986, la pédophilie n’existait pas. Fin décembre 2019, Vanessa Springora qui avait 14 ans à l’époque de sa relation sexuelle avec son amant de 50 ans, publiait son livre «Le consentement» (éditions Grasset). En réplique, Gabriel Matzneff a ressorti ses lettres à elle dans L’Express du 2 janvier 2020.

Procès d’une époque et de la complaisance du monde médiatico-littéraire. Gabriel Matzneff tiendra une chronique hebdomadaire dans Le Monde à partir de 1977 alors que, trois ans plus tôt, il publiait «Les moins de 16 ans» (éditions Julliard), en confessant notamment : «ce qui me captive, c’est l’extrême jeunesse, celle qui s’étend de la dixième à la seizième année». Le 2 mars 1990, le personnage était encore l’invité de Bernard Pivot dans l’émission «Apostrophes» où ses dernières confessions pédophiles ne scandalisèrent qu’une écrivaine québecquoise aujourd’hui oubliée : dans «amours décomposés», Gabriel Matzneff venait pourtant d’avouer un tourisme sexuel assorti de viols sur de jeunes garçons de Manille aux Philippines. En 2013, après la publication d’un autre récit, «Séraphin, c’est la fin», il obtiendra le Prix Renaudot de l’essai. Parmi les jurés figuraient Frédéric Beigbeder et Franz-Olivier Giesbert : «couronnement d’un pédophile par des vieillards cacochymes» écrira Le Nouvel Obs (11 septembre 2013).

Ce n’est que maintenant que des voix s’élèvent pour dénoncer la tribune trop longtemps accordée à un pédophile déclaré dont c’était le «style de vie». Pour sa défense, Gabriel Matzneff (83 ans) associe son sort à celui du photographe David Hamilton (mort en 2016 à 83 ans) et des cinéastes Woody Allen (84 ans) et Roman Polanski (86 ans). Faudra-t-il attendre que ces deux là soient centenaires pour refuser qu’on puisse violenter des enfants au nom de la littérature ou du cinéma ? Quand un de leurs semblables se félicitait d’un cunnilingus à une enfant de 5 ans, l’ignominie a depuis longtemps chassé un éventuel «génie», littéraire ou artistique.

Un psychiatre conclut que les récits de Gabriel Matzneff sont un mode d’emploi et un prosélytisme ouvertement affiché. Ses congénères, riches de leur RMI en euros, se retrouvent en goguette à Madagascar. Les «vieillards cacochymes» d’un certain milieu médiatico-littéraire devraient aviser les panneaux publicitaires qui fleurissent dans les toilettes des hôtels et restaurants du tiers-monde contre le tourisme sexuel, surtout pédophile, surtout matzneffien.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter