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Exposition – 60 ans au tableau des Raparivo

Les Raparivo, père et fils, exposent six décennies de travail. C’est un condensé d’histoire et de talent proposé par cette famille d’artistes.

Pas une année ne passe sans que l’on ait le plaisir d’apprécier une exposition du fameux Roland Raparivo ou R.R. Malgré son âge avancé, cet artiste n’a nullement l’intention de mettre son art de côté pour prendre sa retraite. Il perpétue ainsi plus d’une soixantaine d’années de vie artistique en exposant, en ce moment, plus d’une vingtaine de chefs-d’œuvre inédits à la bibliothèque nationale d’Anosy, dans la salle Gisèle Rabesahala, et ce, jusqu’au 13 janvier. Une exposition qu’il tient avec son fils Alain Raparivo. En somme, jusqu’à la semaine prochaine, les amateurs d’art pictural auront le privilège de se délecter de ce condensé d’histoire et de talent du père et du fils réunis.
Aujourd’hui âgé exactement de 82 ans, il est, si l’on peut dire, l’un des plus reconnus des artistes-peintres de la zone océan Indien. Avec son style personnel, se basant sur la peinture à l’huile sur toile et au couteau, tout en maintenant des traits du courant classique du début du XXe siècle, l’artiste ne cesse d’émerveiller à chaque exposition. Son fils ayant suivi tout naturellement ses pas, nous fait redécouvrir la Grande île grâce à ce voyage en peinture à travers le temps et l’espace, avec son style de prédilection qui est l’art figuratif.

Artiste par l’histoire
Son père aurait voulu qu’il soit ingénieur, l’histoire en a décidé autrement. À peine à l’âge de raison, vers la moitié du siècle dernier, Roland Raparivo était en poste à Antsiranana en tant que gestionnaire du studio « Eclair photo ». Après sa rencontre avec un sortant des beaux-arts français, il se passionne pour ce qui allait devenir plus tard son gagne-pain.
La principale raison qui l’a motivé à s’installer dans la région Nord du pays résidait sur le fait que son père y était incarcéré après les évènements de 1947. Des évènements qui, justement, ont influencé l’homme en grande partie, à travers ses expressions artistiques. Et ce, pour la simple raison que durant ces évènements de 47, alors à peine à l’âge de l’adolescence, R.R. habitait à Moramanga, foyer de la révolution à l’époque.
Ainsi, dans une logique assez évidente, le lien entre l’histoire du peintre et son inspiration artistique est facile à expliquer, à l’image du fameux tableau intitulé « Lutte du peuple Malagasy en 1947 » dont il a fait don  au musée national. Malheureusement, ce chef-d’œuvre a été réduit en cendres durant le fameux incendie du Rova d’Antananarivo.

Harilalaina Rakotobe