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Délestage – Les abonnés de la Jirama dans l’incertitude

Le délestage est loin d’être résolu. La situation de ces derniers jours met les abonnés dans une incertitude face aux solutions avancées par les responsables.

Une fête de fin d’année gâchée. De nombreux foyers n’ont pas pu célébrer comme il se doit le réveillon 2017. Les déclarations faites en haut lieu n’ont pas eu d’effet positif sur le problème d’alimentation en électricité. Le délestage a encore fait des siennes dans la nuit de samedi à dimanche. Avec la capacité financière très limitée de la Jirama, et des centrales hydrauliques en panne sèche à cause du problème d’étiage, la situation risque de ne pas trouver de fin. Le bout du tunnel est encore loin pour la Jirama et ses abonnés.
Les solutions d’urgences trouvées par le gouvernement n’arrivent pas à couvrir les besoins de la Jirama que pour la date de fin d’année 2016. « La Jovenna va fournir une quantité maximale de 450 m³ de carburant par jour jusqu’à la fin de l’année pour les centrales d’Ambo­himanambola. Aujourd’hui, nous venons de trouver un accord avec la société Galana pour une livraison maximale de carburant, sur un besoin de 350 m³ par jour, jusqu’au
3 janvier afin de pallier le délestage en province. La capacité de paiement de la Jirama nous empêche de faire des négociations de livraison sur une longue période », avait annoncé Hery Bruno Nomenjanahary, directeur général adjoint de la Jirama lors d’une conférence de presse le 27 décembre dans son bureau à Antsahavola. Et après   Des discussions se sont –elles engagées entre les trois parties   On ne sait pas encore en ce moment.

Recours au fuel lourd
Avec le problème d’étiage qui sévit actuellement, la Jirama doit trouver quotidiennement 800m³ de carburant. Ce qui ramène à plus de 2,5 milliards d’ariary par jour si le prix retenu est celui du marché. Les 30 milliards d’ariary de carburant pour le réseau d’Antananarivo ne seraient donc qu’une goutte d’eau. « La solution à ce délestage n’est pas celui de la livraison de carburant pour les centrales thermiques mais plutôt de faire tourner les centrales hydrauliques. Pour cela, il faut qu’il y ait une pluie abondante pour remonter le niveau d’eau des barrages hydrauliques », note un chef d’entreprise spécialisée dans la fourniture d’énergie.
Tout dépendra ainsi des conditions météorologiques. Les quantités de pluies de ces derniers temps auraient-elles des impacts positifs sur le fonctionnement des turbines de ces centrales hydrauliques   Aucune information n’est encore obtenue sur place.
En attendant, la Jirama est condamnée à recourir à l’utilisation de ces centrales thermiques. Par conséquent, l’État doit injecter autant d’argent dans la caisse de cette société nationale d’eau et électricité. Mais ces subventions auront bien une fin, au risque de faire monter la grogne des bailleurs de fonds. En effet, dans le cadre du programme Facilité élargie de crédit (FEC), le gouvernement s’est engagé à entamer des réformes dans la gestion de la Jirama et aussi dans la révision à la baisse jusqu’à la suppression définitive des enveloppes d’aides allouées à cette société d’État. Pour cette année, celles-ci est de 250 milliards ariary. La revue du programme FEC et la consultation au titre de l’article IV se feront au mois de mars.
La solution récemment trouvée par les responsables est le recours à l’utilisation du fuel lourd. Un avis d’appel d’offres dans ce sens vient d’être lancé. Mais la livraison ne se fera pas du jour au lendemain avec les procédures dans les passations de marché public.

Lova Rafidiarisoa