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CENTRALES HYDROÉLECTRIQUES – Un objectif de 500 mégawatts d’ici cinq ans

Le Président Rajoelina, avec Andrea Tozzi, patron de Tozzi Green (à droite), durant l’inauguration de la centrale de Farahantsana, hier.

Le président de la République veut atteindre une capacité de production en électricité de 500 mégawatts d’ici cinq ans. Pour y parvenir, il table sur l’opérationnalisation de différentes centrales hydrauliques.

Cinq ans. Voilà le délai que l’Etat se donne pour atteindre une production en électricité de plus de 500 mégawatts. Un challenge qui sera relevé grâce à l’entrée en scène de différentes centrales hydroélectriques à entendre le discours de Andry Rajoelina, président de la République, hier.
La journée présidentielle a été marquée par l’inauguration de la nouvelle centrale hydroélectrique de Farahantsana, de la société Tozzi Green, hier. Soulignant que le pays se trouve de plain-pied dans la transition énergétique, “notre défi est d’atteindre une capacité de production en électricité de 500 mégawatts dans les cinq prochaines années”. Ces mots font écho à son discours durant la cérémonie d’ouverture du forum national d’investissement pour l’émergence de Madagascar, fin octobre, au Centre de conférences international (CCI), d’Ivato.
Au CCI, en octobre, le président de la République avait annoncé la fin définitive du délestage pour l’horizon 2027 – 2028. En effet, à s’en tenir aux explications présidentielles, ces 500 mégawatts devraient être produits par ces nouvelles centrales hydrauliques. Les plus importantes seront justement pleinement opérationnelles d’ici cinq ans. “Certains vont encore dire que ce ne sont que des paroles en l’air. Mais nous, nous ne nous attardons pas sur les palabres. Nous agissons. Et tout ce que nous disons, correspond à du travail effectué”, affirme Andry Rajoelina.
A titre d’exemple, le Chef de l’Etat rappelle que le contrat pour la mise en œuvre du projet de centrale hydroélectrique Sahofika, a été signé le 15 novembre 2021. Une fois pleinement opérationnel, le site produira jusqu’à 192 mégawatts d’électricité. Il y a aussi le barrage hydroélectrique de Ranomafana qui serait déjà en chantier. D’ici trois ans et demi, ce site pourra produire jusqu’à 64 mégawatts d’électricité. L’acte pour la construction d’un autre barrage hydroélectrique, celui de Mandraka 3, est déjà signé également, ajoute le Président, “et les travaux devront démarrer bientôt”.
Le Président ajoute que les renégociations du contrat pour la construction de la centrale hydraulique de Volobe sont, également, en passe d’être bouclées. Lorsqu’il atteindra sa pleine capacité, ce site pourra produire de l’électricité jusqu’à 120 mégawatts. Il y a aussi la centrale d’Antetezambato qui, sauf changement, affichera une production de 140 mégawatts. De prime abord, l’électricité produite par toutes ces centrales hydroélectriques conjuguées, sera amplement suffisante pour atteindre et même dépasser largement les 500 mégawatts affirmés par le Chef de l’État.
Ces nouvelles centrales, d’autant plus, viendront en renfort à d’autres déjà existantes telles qu’Andekaleka, Mandraka, Sahanivotry, ou bien Farahantsana qui vient d’être inaugurée.

Un problème crisogène

Le principal point faible des centrales hydrauliques sont, toutefois, l’étiage ou la baisse périodique du niveau des eaux. La cause principale est l’insuffisance des précipitations. Une situation de plus en plus difficile à anticiper à cause des changements climatiques. Depuis quelques années, justement, ce paramètre fait partie des arguments avancés par la Jirama, pour expliquer les délestages.
Comme depuis quelques jours, la société de production et de distribution d’eau et d’électricité affirme qu’en raison de l’insuffisance d’eau pour, les turbines des centrales hydroélectriques ne produisent plus que la moitié de leur capacité normale, voire largement moins. En conséquence, la durée du délestage est doublée et même triplée dans le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA). Ces imprévus causés par les aléas naturels pourraient expliquer pourquoi le président de la République parle de 500 mégawatts, alors que les sites déjà fonctionnels et ceux à venir peuvent en fournir bien plus.
Les projets de construction de centrales solaires pourraient être des back-up crédibles aux sites hydroélectriques. Quoi qu’il en soit, résoudre les problèmes d’approvisionnement en électricité est plus qu’urgent. Andry Rajoelina, lui-même, reconnaît que lorsque la question de l’électricité est mise sur la table, les problèmes de la Jirama résonnent de façon entêtante. Outre la situation sociale crisogène engendrée par les coupures de courant, il y a aussi les conséquences désastreuses pour l’économie.
Hier, le locataire d’Iavoloha a indiqué qu’en raison des sanctions internationales contre l’Ethiopie, plusieurs voulaient délocaliser leurs activités à Madagascar. Ils ont toutefois déchanté en raison des incapacités énergétiques de la Grande île, déplore-t-il. “L’énergie est cruciale et indispensable. (…) Elle représente un catalyseur important de développement pour améliorer le bien-être de la population, mais également pour exploiter le potentiel économique et industriel du pays et créer de l’emploi”, reconnaît le Président.
Face aux différents enjeux de l’approvisionnement énergétique et les problématiques actuelles, le président de la République a ainsi déclaré en conclusion de son discours, “nous bâtissons et nous innovons. Nous avons une vision à long terme, mais nous ne fuyons pas nos responsabilités pour autant et cherchons constamment des solutions”. Il ajoute que redresser la situation n’est pas aisé et nécessite de l’abnégation. Seulement, les usagers de la Jirama sont déjà à bout de nerfs.

 

3 commentaires

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  • Et comme il y a de moins en moins d’eau vu le changement climatique et la dégradation environnement locale cela promets encore de belles galères dans le futur……

  • Oui Monsieur ce sont des paroles en l’air . N’avez -vous pas parlé pendant la campagne électorale de 400 mégawatts concrétisés durant votre mandat ? Nous on a entendu aussi de votre bouche la fin des délestages juillet 2022 et non en 2028 ?! Les palabres c’est surtout de votre côté et on ne s’étonne pas si certains vous attribuent  » Rainilainga  » comme petit nom s’adaptant bien à la réalité …

  • Salama namako ô
    mamaky vao aho dia miomehy irery satria tena manahirana ny raharaha fa toa revirevy fotsiny, tsy hilazana hoe revin-gadra na hevi-tsokina mita rano. Efa io atohaka amin’ny vavorinareo io ny olana tsy azo hiodivirana dia ny tsy fahampian’ny rano indraindray fa mila « back up » (hay ve aloha izany back up izany sa tsia e? Mba mikaroha e!) dia efa io hambara io fa « ingahibe masoandro » no any lalana, azo antoka nefa dia miziriziry amin’izao foana ianareo (sady tsy mahay no sarotra atoro). Aza raisina ho fahasiahana izany na fankahalana fa tena fitiavana ary ny alahelo amin’izao ampianjadiana ny mpiray tanindrazana no inoako marimarina fa mahatonga ny rehetra (unanimement anie izany! Mpiatsaraivelatsihy zay manoa izao fiainana izao) mahery fitenenana.
    Ambava homana, ampo mierotra!