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Produits de rente – Le litchi de Madagascar pourrit sur place

Un  plan  d’action  sérieux  est  attendu  pour  lutter contre  le  gaspillage  de  litchi.

Le fruit rouge national connaît une situation malheureuse. Près de 30 000 tonnes pourrissent sur place, ne trouvant pas preneur.

Du litchi est jeté dans les périphéries de Toamasina. Les fruits sont détériorés pour la plupart. Il y en a de très bonne qualité mais qui sont quand même abandonnés dans des endroits déserts qui ne connaissent pas d’affluence. Le litchi s’entasse et pourrit sur place. Ailleurs, à Ikongo, dans la région Fitovinany, le député de la circonscription alerte sur le prix dérisoire du litchi. Les producteurs les vendent à 7 ariary le kilo.

Pour le cas d’Ikongo, les routes d’intérêt provincial en piteux état, sont les principales causes de ce prix car le litchi ne peut sortir des zones de production. « Il n’y a pas de collecteurs car les routes sont inaccessibles. Leur réhabilitation n’a jamais figuré dans le programme de l’État », regrette Brunelle Razafintsiandraofa, député élu à Ikongo. Le peu de collecteurs qui accèdent tant bien que mal dans les zones éloignées achètent le litchi presque gratuitement.

À Mahanoro, dans la région Atsinanana, c’est le même scénario. Il n’y a ni camions ni collecteurs de litchi alors que les produits abondent. Le litchi est surtout présent sur la côte Est dont près de 70% dans les régions Atsinanana et Analanjirofo.

Madagascar produit 100 000 tonnes de litchis par an environ. 20 000 tonnes seulement sont destinées à l’exportation car respectant le calibre demandé sur le marché international. 500 tonnes sont en attente d’expédition et 18 000 tonnes sont déjà parties le 16 novembre dernier. 40 000 tonnes au grand maximum sont absorbées par le marché local. Une infime partie est transformée en purée, en confiture, en jus ou en litchi séché. Le reste, soit environ 30 000 tonnes pourrissent sur place.

Désorganisation

Des exportateurs et consultants en développement agricole estiment que la filière litchi manque d’organisation. « Un plan national de production avec les localités productrices et leur volume de production devrait être connu bien avant la campagne. Les producteurs, les collecteurs, les acheteurs sur place et les exportateurs de toutes les régions productrices devraient connaître ce plan de production» explique Rasamimanana, membre d’un réseau d’appui au secteur agricole.

« Il ne suffit pas de planter et produire mais calculer déjà sa part de marché »; poursuit l’interlocuteur. À lui de souligner en outre l’éternel non respect du calibre du fruit rouge. Pour lui, Madagascar peut très bien concurrencer l’Afrique du Sud qui exporte aussi du litchi vers les pays européens. « Notre litchi est le moins cher. L’Afrique du Sud n’expédie que des gros calibres et elle les vend cher. Si nous produisons seulement 4 000 tonnes de litchis de bonne qualité et de taille acceptable par le marché international, Madagascar peut très bien détrôner l’Afrique du Sud», détaille encore Rasamimanana.

Avec ces 4 000 tonnes de bonne qualité, le litchi de Madagascar peut espérer gagner 4 000 000 euros. Le litchi de Madagascar pour cette campagne est envoyé par avion et connaît un prix moyen de 6,50 euros le kilo en France.

1 commentaire

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  • C’est inadmissible et ça me mal au cœur quand je vois que les fruits Malagasy comme les letchis et même d’autres ne sont pas mis en boites pour l’exportation comme les asiatiques en font . Que fait le pouvoir actuel et ses élus, j’ai lu la dernière fois que le Président envisage d’absorber les chômeurs de Madagascar devant les jeunes cadres alors que ses produits fruités sont jetés