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Conjoncture – Une fin d’année difficile

Le Kere dans le Sud a marqué cette année.

Après plusieurs mois de crise sanitaire, l’État n’a pas le temps de souffler. À la guerre épidémiologique succèdent les difficultés économiques, sociales, écologiques et humanitaires.

TOUT est ur­gent. Une formule martelée par les décideurs étatiques, notamment, pour dire que le redressement et l’émergence de Madagascar imposent une approche holistique. La crise sanitaire rend la situation encore plus critique. L’État doit ainsi faire face à une fin d’année compliquée.

Comme prévu, les effets de la pandémie de coronavirus frappent de plein fouet le pays. Le taux de chômage ne baisse pas. L’exportation et le tourisme, principaux pourvoyeurs de devises étant toujours en berne, l’ariary est en chute libre. En conséquence, l’inflation prend ses aises. Les prix des Produits de première nécessité (PPN), et surtout celui du riz, s’envolent. Le portefeuille des ménages, toujours sonné par le choc de la crise, peine à suivre la cadence. Les autorités ne parviennent pas à freiner les excès des présumés spéculateurs.

L’État n’a pas, non plus, su profiter de la chute du baril de pétrole sur le marché international pour revoir le prix à la pompe. Il fallait encore épancher ses dettes envers les pétroliers, selon les explications. Une possible réduction du prix du carburant aurait pourtant pu amortir les conséquences économiques de la crise sanitaire. Les finances étatiques souffrent également des conséquences de l’invasion de la Covid-19. Pour renforcer sa trésorerie, il aurait lancé un appel au soutien international.

Les partenaires techniques et financiers (PTF) prépareraient ainsi une enveloppe pour appuyer le budget post-crise sanitaire du pays. Ce soutien international, le pouvoir le sollicite également pour répondre à la crise alimentaire causée par la sécheresse dans le Sud. Tel est l’objet d’une réunion entre Andry Rajoelina, président de la République, et les PTF, la semaine dernière.

Timing pour l’émergence

Alors que la guerre contre le coronavirus connaît une accalmie que tous espèrent durable, l’État doit faire face à d’autres difficultés. La situation dans le Sud est la plus criante. Pour l’heure, le pouvoir s’active pour apporter les réponses d’urgence face au « Kere ». La manne internationale serait toutefois nécessaire pour déclencher le plan à long terme pour y mettre définitivement un terme. Une crise écologique menace également le pays.

La sécheresse guette en effet plusieurs régions. Le retard ou l’insuffisance des pluies a des conséquences désastreuses sur les récoltes. Cela commence à se ressentir sur les étals des marchés. Même les fruits de saison comme le litchi affichent un visage chétif. L’approvision­nement en eau de plusieurs villes et localités du pays commence à être difficile. En cause le tarissement des sources et des cours d’eau. Les feux de brousse n’arrangent pas la situation écologique.

Certains craignent aussi qu’à cause du changement climatique des fortes intempéries viennent prendre le relais de la sécheresse. Après une fin d’année 2020 bouleversée par une guirlande de difficultés, le début de l’année 2021 pourrait alors être douché par les catastrophes naturelles. En matière de sécurité, du reste, le tableau est assombri par les multiples cas de viol sur enfant et d’agressions sexuelles.

Sur le plan politique, la crise sanitaire et ses conséquences ainsi que la crise écologique et alimentaire, sont des imprévus qui risquent de bouleverser le timing pour l’émergence de Mada­gascar. La situation laisse perplexe face à l’ambition de faire de Madagascar le grenier de l’océan Indien et l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Il en est de même pour l’accès à l’eau potable pour tous, ou encore le projet de recouvrir d’arbres le pays.

Il y a également l’éternel problème de fourniture en énergie que le manque ne devrait pas arranger. Contrai­rement aux objectifs, la facture d’électricité des ménages ne cesse d’augmenter. Face à toutes ces difficultés, les projets d’infra­struc­tures ont néanmoins le vent en poupe. Si l’État a prévu un plan Marshall pour la relance post-crise, ses effets ne sont pas encore palpables. Les projets devant avoir un impact à grande échelle comme les centrales hydroélectriques semblent, du reste, accuser des retards, voire en pause.

Le président de la Répu­blique souligne systématiquement qu’il dispose de cinq ans de mandat pour concrétiser ses engagements. Après une deuxième année au pouvoir particulièrement dure, il lui faudra redoubler d’effort. L’enjeu est de renverser rapidement la tendance afin de respecter le délai qu’il s’est imposé pour l’émergence de Madagascar.

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