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ÎLES ÉPARSES – La réunion de la commission mixte à Paris ajournée

La première réunion de la commission mixte, la délé­gation malgache était conduite par Christian Ntsay.

Prévue aujourd’hui et demain, à Paris, la deuxième réunion de la commission mixte sur les îles éparses n’aura finalement pas lieu. Le changement au ministère des Affaires étrangères a bouleversé le programme initial.

Il fallait s’y attendre. La deuxième manche des négociations sur la rétrocession des îles éparses, au sein de la commission mixte franco-malgache, est reportée sine die. Le rendez-vous qui devait se tenir aujourd’hui et demain à Paris n’aura donc pas lieu.

Durant un échange en aparté, lors de la célébration de la fête nationale turque, à Ankorondrano, lundi, le général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale, qui assure l’intérim à la tête du ministère des Affaires étrangères, a juste indiqué, «en fait, il n’y a pas encore de date précise. Il reste des choses à peaufiner avant la deuxième rencontre». Une réponse relativement similaire à ses mots à l’issue de la passation de service avec Richard Randriamandrato, ancien ministre des Affaires étrangères, le 25 octobre.

Le ministre des Affaires étrangères par intérim, le 25 octobre, avait indiqué qu’une annonce officielle serait faite lorsqu’une date pour la deuxième réunion de la commission mixte sera actée. Seulement, une date, ou plus précisément, deux dates, avaient déjà été convenues entre Mada­gascar et la France, pour le second round des négociations au sujet des îles éparses. Un calendrier déjà acté en septembre. Les autorités françaises ont toutefois laissé le soin à leurs homologues malgaches d’en faire l’annonce officielle.

«Il y a effectivement un projet de réunion à très brèves échéances. Vous en saurez plus très vite», fut la réponse de Arnaud Guillois, ambassadeur de France, questionné par la presse à l’issue d’une visite de courtoisie au ministre de la Justice, le 24 octobre. En vue de la deuxième réunion de la commission mixte sur les îles éparses, prévue initialement en ce début novembre, l’ancien ministre des Affaires étrangères a entrepris de revoir la composition de l’équipe des négociateurs malgaches.

Tout est à refaire

S’étant adressé à la presse après sa rencontre avec la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), le 12 septembre, l’ancien chef de la diplomatie malgache avait indiqué que les nouveaux membres de l’équipe de négociateurs malgaches seraient connus sous peu. Jusqu’ici, aucun nom n’a été communiqué sur les nouveaux membres de la commission mixte pour la partie malgache.

Le limogeage de Richard Randriamandrato du ministère des Affaires étrangères, vient immédiatement en tête, comme la raison de cet ajournement sine die de la réunion de la deuxième manche de la réunion de la commission mixte. Une décision présidentielle, suite à son initiative unilatérale lors du vote aux Nations unies, le 12 octobre, au sujet de la guerre en Ukraine.

L’éviction du gouvernement de Richard Randriaman­drato a effectivement changé la donne pour la tenue des négociations sur les îles éparses. Qui aurait conduit la délégation malgache, c’est une question qui s’impose. Il est probable que la partie malgache attend un ministre titulaire à la tête du département des Affaires étrangères. Seulement, un intérimaire avait déjà conduit l’équipe de négociateurs malgaches lors de la première réunion de la commission mixte, le 18 novembre 2019, au palais d’Andafiavaratra, à Antanana­rivo.

Durant cette première manche à Andafiavaratra, c’est Christian Ntsay, Premier ministre, et ministre des Affaires étrangères par intérim, qui était à la tête de la délégation malgache. Certes, actuellement c’est le ministre de la Défense nationale qui assure l’intérim à la tête de la diplomatie malgache, mais les faits de novembre 2019 démontrent qu’avoir un ministre intérimaire ne devrait pas être un frein aux négociations sur les îles éparses. D’autant plus que dans la délégation française, à l’époque, les négociateurs étaient composés d’ambassadeurs et de responsables de ministère.

«S’il y a un report, c’est qu’il reste encore des choses à régler. Préparer un tel rendez-vous ne se fait pas non plus au pied levé», confie une source proche du dossier. Selon différentes sources, outre le limogeage de l’ancien ministre des Affaires étrangères, cet ajournement a été décidé parce que Madagas­car n’est pas encore prêt. Le point d’achoppement concerne principalement les négociateurs qui composeront la partie malgache.

Des indiscrétions chuchotent que les techniciens du ministère des Affaires étrangères n’ont pas été associés au dossier concernant la deuxième réunion de la commission mixte. La longue grève au sein de ce département, qui a creusé un fossé entre l’ancien ministre et les syndicats, notamment des diplomates, pourrait expliquer ce cas de figure. De prime abord, la recomposition de l’équipe de négociateurs malgaches n’a pas pu se faire à temps. Sans quoi, il y aurait déjà eu une annonce officielle.

Lors de la prise en main du général Richard Rakoto­nirina, pour l’intérim, il aurait été difficile de savoir où en étaient exactement les préparatifs de la deuxième réunion sur les îles éparses. Au regard de la situation actuelle, il est probable que tout soit à refaire pour la partie malgache. Seulement, la question des îles éparses est le principal défi diplomatique de l’administration Rajoelina.

La première échéance qu’était le 60ème anniversaire de l’indépendance, le 26 juin 2020, pour trouver un dénouement des négociations avec la France, n’a pas pu être respectée. La crise sanitaire qui a coupé la dynamique des discussions en aurait été la cause. À l’approche de l’élection présidentielle, le pouvoir pourrait se voir soumis à une contrainte de temps.

3 commentaires

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  • Un grotesque prétexte qui ne convainc personne cette histoire de ministre des affaires étrangères par intérim . Certainement la partie Malgache est entrain de sentir l’issue des négociations en leur défaveur . Avec cet appui de La Russie aux revendications sur ces îles et la pseudo-neutralité synonyme de soutien indirect à Poutine dans cette agression militaire contre un pays souverain l’Ukraine , certainement La France ne fléchira pas d’un iota sur sa position exprimée à savoir  » ici c’est la France  » et la biodiversité sur ces TAAF terres australes et antarctiques françaises sont un bien de l’humanité . Il n’est même plus question de cogestion mais d’une  » feuille de route scientifique  » . Ce qui va indéniablement crisper l’ambiance des pourparlers . La visite de l’ambassadeur de la Russie 48h après l’annonce du report des négociations par la partie Malgache chez le ministre de la défense qui assure l’intérim risque de froisser encore plus les chancelleries occidentales . Si la composition de la délégation pose problème il n’est pas trop tard d’étudier peut être la présence des Radanoara Julien spécialiste des relations internationales , Elia Rabevahiny de Otrik’afo avec son nationalisme débridé , Arlette Ramaroson ancienne haut fonctionnaire diplomatique , VANF journaliste chroniqueur fort en histoire , Patrick Rajoelina ancien ministre au poste … De toute façon les carottes sont cuites pour la souveraineté sur ces îles tant revendiquée à moins d’une action militaire de concert avec la Russie Les mercenaires de la société WAGNER de Evgueni Prigojine au Mozambique constitueront le relais !