A la une Chronique

État des lieux – Rétrospective 2000 du tourisme

Qu’est-ce qui a changé en vingt ans ? La question est basique, car il est toujours instructif de faire périodiquement un retour sur images, pour évaluer ce qui a été réalisé et ce qui ne l’a pas été. Savoir en quelque sorte d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Nous prenons aujourd’hui le cas des résultats d’une enquête aux frontières effectuée du 7 août au 3 septembre 2000 à l’aéroport d’Ivato. Elle portait sur un échantillon de mille voyageurs non résidents en fin de séjour. De précieux indicateurs ont ainsi pu être dégagés.

Il ressort, en premier lieu, de cette enquête que l’écotourisme caracole en tête des motivations, puisque près d’un touriste sur trois décide de venir à Madagascar pour sa faune et sa flore. Cette suprématie se retrouve dans les loisirs et activités pratiqués durant le séjour. Dans le milieu des « touristes à titre principal », une expression généralement employée pour désigner ceux venus principalement pour le tourisme, l’écotourisme se situe à 54,9 % contre 18,6 % pour le balnéaire, 14,8 % pour la dominante culturelle, et 8,4% pour le tourisme sportif.

Concernant les régions, le Sud est en pôle position. Près de 38% des arrivants tiennent absolument à l’inclure dans leur programme avec, dans l’ordre, Toliara pour son ouverture maritime (la barrière corallienne) et terrestre (la végétation du bush), l’Isalo, et Taolagnaro. Le Nord vient en seconde position (21,1 %) avec l’incontournable Nosy Be, très loin devant la ville d’Antsiranana. L’Est (19,3 %) complète le trio de tête avec pour site préféré l’île Sainte-Marie. Ce classement pourra être révisé à la hausse avec la réhabilitation des Pangalanes qui pourront brouiller les cartes en compagnie de Sainte-Marie et du Parc de Ranomafana. 13,9 % des touristes s’intéressent à l’Ouest avec une mauvaise performance des Tsingy de Bemaraha et de la Tsiribihina qui méritent certainement mieux. Les Terres centrales doivent, pour leur part, se contenter d’un petit 7,3 %, avec, toutefois, une prestation honorable de la Ville d’Eaux bénéficiant de sa situation sur la route du Grand Sud.

Promotion insuffisante

Aux grandes distances les grands moyens : chez les « vrais » touristes, l’avion (23%) devance la voiture de location et l’expérience du taxi-brousse. Concernant les nationalités, les arrivants, tourisme et affaires confondus, sont en majorité Français (54,7 %), suivis des Italiens (12,1 %), des Réunionnais (5,1 %), et des Américains (4,2 %). En queue du peloton et au coude-à-coude, dans la tranche des 2 %, se trouvent les Suisses, les Allemands, et les Britanniques.

L’hôtel reste le mode d’hébergement principal. L’accueil y est apprécié ainsi que la discipline du personnel. La qualité des chambres et des lits est jugée moyenne, en raison de l’usure. Dans l’ensemble et de l’avis des personnes interrogées, Madagascar répond à peu près aux attentes sauf que :

-La promotion de la destination est insuffisante. Cette année-là, Madagascar n’a pu, faute de moyens, être présent qu’à deux Salons : le Grand Pavois de La Rochelle, finalement honoré à l’issue d’interminables réunions épiques en quête de…sous, et le Salon professionnel Top Résa qui se tenait alors à Deauville. Y être était un must, mais trouver les fonds nécessaires n’a pas non plus été facile.

-Le développement d’infrastructures d’accueil dans les principaux sites doit être sérieusement envisagé.

-L’informel très présent réserve souvent de mauvaises surprises.

-L’état des routes n’autorise pas les touristes à profiter pleinement du temps de séjour dont ils disposent. Dans ces conditions, ne pas rêver d’avoir des flots de touristes japonais qui ne prennent que dix jours de vacances par an.
Le coût du billet d’avion est régulièrement soulevé, comparé aux destinations concurrentes.