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Éducation – Le Rakibolana trilingue lancé dans le Sud

Permettre à tous les enfants, sur l’ensemble du territoire, d’avoir accès à une éducation de qualité est l’objectif du Velirano numéro 4 du président de la République. Aussi, outre la mise aux normes des infrastructures scolaires, l’État s‘attelle à mettre à disposition des élèves des manuels scolaires, notamment, les Rakibolana ou dictionnaires. Hier alors, a été lancée un dictionnaire illustré en trilingue.

“ Rakibolana an-tsary voalohany”. Tel est le nom du nouvel ouvrage scolaire lancé, hier, dans la commune rurale d‘Ankariera, sise dans le district de Taolagnaro. A l‘instar du Rakibolana qui est utilisé par les écoliers, collégiens et lycéens depuis plusieurs mois, le dictionnaire illustré présenté officiellement, hier, est aussi made in Madagascar.

Comme son nom en malgache l‘indique, il s‘agit du premier dictionnaire illustré made in Madagascar et qui sera utilisé parmi les manuels scolaires des élèves malgaches. Il a, par ailleurs, la particularité d‘être trilingue. C‘est donc un dictionnaire malgache, français et anglais. Il est destiné aux élèves de la classe de 7e , qui préparent l‘examen pour l‘obtention du Certificat d‘étude primaire élémentaire (CEPE).

Deux millions d‘exemplaires seront produits, dans un premier temps. Tous les livres seront distribués aux écoles publiques sur l‘ensemble du territoire. La distribution a commencé, officiellement, hier. C‘est Andry Rajoelina, président de la République, himself, qui en a donné le coup d‘envoi, durant la cérémonie d‘inauguration de l‘École primaire publique (EPP), aux normes d‘Ankariera. Les écoles publiques dans le district de Taolagnaro seront les premières à en bénéficier.

Cinq rubriques

“Je l‘ai toujours dit, il est déjà difficile d‘apprendre avec des livres. Il l‘est d‘autant plus lorsque les élèves n‘en disposent pas”, déclare le locataire d‘Iavoloha, hier. Une phrase que le Chef de l‘État avance souvent comme argument pour expliquer pourquoi l‘élaboration et la production de manuels scolaires afin de les mettre à disposition des élèves, figure parmi les priorités de sa politique concernant l‘éducation. C‘est ainsi que l‘État a décidé de distribuer des Rakibolana, ou dictionnaires, à tous les élèves.

Le premier Rakibolana qui est bilingue, soit en anglais et français, a été lancé officiellement, en novembre 2019. C‘est le président de la République qui en a, également, donné le coup d‘envoi à l‘EPP Ampefiloha Ambodirano. “Sans livre, sans matériel, il est impossible de réussir. C‘est la raison pour laquelle j‘ai pris la décision de donner un dictionnaire à tous les élèves malgaches”, a-t-il alors soutenu.

Cette fois-ci donc, c‘est dans la commune rurale d‘Ankariera, dans la région Anosy, que le dictionnaire illustré trilingue, a été lancé officiellement. Il s‘agit d‘une première dans l‘histoire de l‘éducation nationale. “Il est important de maîtriser notre langue maternelle, mais il l‘est tout autant de connaître des langues étrangères pour pouvoir communiquer avec le monde”, souligne le président Rajoelina.

Si son grand frère, le Rakibolana compte quinze mille mots, le Rakibolana an-tsary voalohany, ou le premier dictionnaire illustré, quant à lui, compte deux mille deux cent dix mots et sept cent cinquante illustrations. Il fait une centaine de pages qui compilent cinq rubriques. La première concerne la santé et le bien-être. La seconde rubrique parle de la famille et de l‘habitation. Ensuite, le dictionnaire propose une rubrique sur la vie à l‘école. Puis il parle de société et d‘éducation civique. Enfin, il y a une rubrique sur l‘environnement.

Marie Michelle Sahondrarimalala – “Les manuels scolaires améliorent nettement l’apprentissage”

Selon la ministre de l’Education nationale, les compétences minimales requises d’apprentissages des élèves sont en nette augmentation depuis la vulgarisation des manuels scolaires, comme les Rakibolana. Elle ajoute que le dictionnaire trilingue illustré est en adéquation avec les nouveaux programmes scolaires et les réformes au sein de son département, notamment, en matière de politique linguistique.

L‘Express de Madagascar. Pourquoi avoir décidé d‘élaborer un dictionnaire trilingue et illustré, qui plus-est?

Marie Michelle Sahondrarimalala. L‘élaboration, la production et la distribution de ce dictionnaire font partie des projets inscrits dans la vision du président de la République et qu‘il initie dans le cadre de la concrétisation du Velirano numéro 4. Cet engagement consiste à offrir une éducation de qualité à tous les enfants. Ce dictionnaire trilingue a été imaginé par le Chef de l‘Etat et il s‘est impliqué, personnellement, dans sa conception, en collaboration avec les équipes chargées de la pédagogie et du curricula au ministère de l‘Education nationale. Il est en adéquation avec les nouveaux programmes scolaires et les réformes en matière de politique linguistique, ainsi que la restructuration du système éducatif.

Certes, pourquoi un dictionnaire, justement?

Un dictionnaire est opportun puisqu‘actuellement, il est important d‘améliorer les compétences minimales requises des enfants en matière de lecture et d‘écriture. Lorsque nous avons initié la multiplication, l‘impression et la distribution de six millions de manuels scolaires, d‘un million de Rakibolana, nous avons déjà pu avoir de meilleurs résultats que les années précédentes concernant cette compétence minimale requise. Ce dictionnaire trilingue va renforcer davantage ces compétences.

En quoi ce nouveau dictionnaire contribue-t-il à améliorer l‘apprentissage des élèves?

Ce dictionnaire trilingue imagé contribuera grandement à renforcer la compétence minimale requise en matière de lecture et d‘écriture. Il arrive à point nommé, par ailleurs, puisque nous allons réformer la politique linguistique. Nous allons introduire l‘enseignement de l‘anglais dès la classe de primaire, à partir de la classe de 7e. Dans le nouveau projet de loi d‘orientation du système d‘éducation, nous allons mettre en place une réelle politique linguistique afin qu‘il y ait une éducation avec la culture de chaque région et pour que les enfants puissent, plus tard, être de vrais citoyens du monde et être compétitifs par rapport à tous les autres enfants du monde. Le but est, aussi, d‘avoir une équité dans l‘accès à une éducation de qualité. Permettre aux élèves de l‘enseignement public d‘avoir accès à l‘enseignement de la langue française et anglaise dès les premières années d‘apprentissage est u n atout majeur pour atteindre ces objectifs.

Combien de dictionnaires seront distribués ?

Nous allons en distribuer environ deux millions d‘exemplaires sur l‘ensemble du territoire. L‘idée est, aussi, d‘initier les enfants à la lecture, le plus tôt possible. Ce sera un moyen d‘amener les enfants à se familiariser avec les livres en version papier. De revenir aux fondamentaux comme d‘apprendre la lecture. Apprendre à aimer les livres. La vulgarisation de ce trilingue, j‘espère, remettra à jour la culture de la lecture et aidera grandement à l‘apprentissage des langues étrangères que sont le français et l‘anglais. Quant à la distribution, ce sera cette semaine. Ça a même déjà débuté aujourd‘hui, à Ankariera. Déjà, une partie des districts de la région d‘Anosy et Androy vont en bénéficier. Les élèves de la classe de 7e vont pouvoir l‘utiliser dès cette année scolaire.

Les écoles privées en bénéficient-elles?

Comme vous le savez, le système éducatif à Madagascar comprend les écoles d‘enseignement public et celles d‘enseignement privé. Nous aurons la possibilité de fournir à ces dernières ce dictionnaire trilingue illustré, au même titre que les écoles publiques. Pour l‘heure, nous ne pourrons toutefois pas en fournir à toutes les écoles privées. Comme nous l‘avons fait avec les Rakibolana et les manuels scolaires, nous allons en donner une partie à la direction nationale des écoles d‘enseignement privé qui sont totalement associées aux différents processus de réforme du système éducatif à Madagascar dont ils sont une partie intégrante.

Vous avez parlé des compétences minimales requises au début de notre entretien. Les manuels scolaires édités, dont les Rakibolana, ont-ils permis de les améliorer?

Effectivement, l‘utilisation des manuels scolaires, notamment, ceux qui ont été édités pour les matières de base comme les mathématiques, le malgache et le français, nous avons pu obtenir une nette amélioration des compétences minimales requises en matière de lecture, écriture et mathématique. Dans la région Androy, par exemple, le niveau de compétences minimales requises pour la classe de CE2 était d‘un peu plus de 20%. A l‘issue de l‘année scolaire 2020, l‘Unité d‘évaluation des acquis scolaires, un organisme public rattaché au ministère, mais qui travaille avec la Banque mondiale, estime que ce niveau de compétences minimales requises en lecture est estimé à plus de 44%. L‘objectif est de continuer dans cette dynamique et pas seulement en matière de lecture, mais aussi d‘écriture et de mathématiques. Il ne s’agit pas simplement de faciliter l‘accessibilité, mais aussi, d‘améliorer la qualité de l‘éducation.

Verrons-nous d‘autres nouveaux manuels scolaires ou ce dictionnaire trilingue illustré sera le dernier?

Nous sommes dans une logique de continuité. Nous continuerons à élaborer, multiplier et distribuer des manuels scolaires, D‘ailleurs, dans le projet de loi de finances 2022, nous avons budgétisé la duplication de manuels scolaires pour les classes intermédiaires, c‘est-à-dire, les classes T2, T3, T4, T7, T8, T6, T11 et T10. Le but est de généraliser, de mettre à l‘échelle nationale la mise à disposition de ces manuels scolaires, du moins dans tous les établissements d‘enseignement public. Les manuels sont la base de l‘apprentissage, sans quoi, nous ne pourrions pas obtenir des résultats.

Quid de l‘amélioration des compétences des enseignants?

Cela fait partie de la politique de développement du capital humain sur laquelle se penche le ministre de l‘Education nationale. Nous avons renforcé et même durci les critères de recrutement des enseignants dans les écoles publiques. Nous avons élaboré un profil de recrutement des maîtres FRAM, basé sur des critères académiques et professionnels. Nous avons recruté par voie de concours, cette année, mille soixante quinze enseignants pour les collèges et lycées. Cette année toujours, nous avons initié une formation de quarante mille enseignants qui sont déjà au sein du système éducatif. Ils vont bénéficier d‘une formation d‘une année pour améliorer leur aptitude pédagogique.

Le mot de la fin?

Comme je le dis toujours, la seule voie du développement est celle de l‘éducation. Pour qu‘il y ait un développement économique intégré, soucieux du bien être social, respectueux des valeurs sociétales malgaches, il est important de considérer l‘éducation comme la valeur suprême. D‘ailleurs, moi je dis que la liberté d‘accès à l‘éducation est la mère de toutes les libertés sociales et politiques. Pour aboutir à une transformation, à un développement économique, il faut des transformations sociales et politiques qui passent par l‘éducation de chaque enfant.

2 commentaires

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  • LE MADAGASCAR N’EST PAS FRANCOPHONE: IL EST MADOPHONE

    Madagascar doit avoir le libre choix linguistique puisqu’il n’est ni  »francophone » ni  »anglophone » mais  »madophone » (marquer cette étiquette): la petite ou le petit malgache parle Malagasy dés sa venue sur terre. Epargnez donc le peuple malgache le terme de  »francophone » (il en va de meme des autres pays africains faussement dits  »francophones »). Appelez ça une subversion si vous voulez, mais c’est plutôt un raisonement logique.

    Pas besoin d’embracer une langue ou une culture qui met en peril ta propre existance: depuis plus d’un siècle Madagascar valorise la langue Française mais obtient en retour que des coups d’État, la déstabilisation, l’accaparement des terres et l’assujettissement du pays par la politique Française.

    N’emprisonez pas les peuples dans une ideologie d’une langue qui n’apporte rien au developpement socio-economique de leur nations. Enfin et surtout, Madagascar doit diversifier son partenariat afin de briser l’emprise de la France. Le monde ne parle pas Français mais Anglais. Ainsi, donner la priorité à l’Anglais tout en déclassant le Français n’est pas discriminatoire mais stratégique. Le Rwanda l’a fait, le Gabon est entrain de le faire: pourquoi Madagascar ne le ferai-il pas pour multiplier ses potentialités? Vas-y Madagascar!