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Jirama – Pétroliers : Marc Gérard crève l’abcès

Le gouvernement peine à trouver un terrain d’entente avec les fournisseurs de la Jirama et les compagnies pétrolières sur les contrats la vérité des prix.

Le représentant résident du Fonds Monétaire International Marc Gérard s’est exprimé sur les négociations actuelles que le gouvernement est en train de mener sur le front des contrats de la Jirama. Il a souligné qu’il est important que les fournisseurs soient traités sur un même pied d’égalité. « Il faut que les choses se fassent de manière ordonnée. Il ne faut pas qu’un débiteur soit plus avantagé qu’un autre », a-t-il souligné. Interrogé sur les risques de conflit d’intérêt concernant certains opérateurs influents, Marc Gérard s’est voulu optimiste en indiquant qu’il n’y a aucune raison pour laquelle on n’arriverait pas à pratiquer des conditions normales. « Il y a des opérateurs présents dans différents secteurs qui ont un certain pouvoir d’influence », a-t-il admis, mais « les négociations devraient se faire de manière transparente. Les mots on un sens. Quel que soit le propriétaire de tel ou tel groupe électrogène, il faut que le prix soit dans des conditions justes, qu’il n’y ait pas d’arrangement opaque ». Il a souligné qu’il n’est pas dans l’intérêt des opérateurs de ruiner la compagnie nationale. « Il est possible de gagner beaucoup d’argent à court terme sur le dos de la Jirama. Certains l’ont fait. Mais cela ne durera pas dans le temps ».

Dérapage

L’autre gros dossier sur lequel doit se pencher le gouvernement, c’est la gestion des arriérés des pétroliers avec notamment l’application de la vérité des prix, préconisée par le FMI. Saluant les progrès réalisés en début d’année sur ce point, Marc Gérard a déclaré que les discussions ne sont pas finies. « 80% du problème a été résolu avec l’ajustement de la structure des prix. Il reste à se mettre d’accord sur le futur. Quel mécanisme on veut pour que si demain il y a une hausse du cours à l’international on sache qui va payer la facture », a-t-il lancé en indiquant que
d’après les discussions avec le gouvernement au mois de juin, un mécanisme de vérité de prix avait dû être mis en place en septembre mais ce n’est pas encore, le gouvernement l’ayant annoncé pour ce mois. « On va examiner cela à la dernière revue de la facilité élargie de crédit au mois de novembre », a-t-il déclaré.

Marc Gérard a souligné qu’il est urgent d’éviter l’accumulation des arriérés en expliquant que c’est une question de justice sociale et d’efficacité dans la mesure où cela a pour effet de grever le budget de l’État. Le FMI a toujours soutenu que les fonds que le gouvernement injecte pour régler les problèmes des pétroliers et de la Jirama constituent de l’argent en moins pour l’amélioration des secteurs sociaux comme l’éducation et la santé. « Cela fait partie des conditionnalités. S’il y a un dérapage dans ce domaine, cela peut rendre difficile le passage de la dernière revue. Parce qu’on a une limite ferme dans le domaine, il faut trouver un moyen de régler le problème », a prévenu Marc Gérard qui veut retenir un dialogue constructif avec le gouvernement.

 

2 commentaires

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  • Le FMI ne doit pas verser l’aide relative à des produits d’importation directement au gouvernement (s’il n’ a pas de compte bancaire saisissable, ou de capital financier échangeable).
    Le gouvernement doit choisir un fournisseur parmi le groupement de l’OPEP au plus prés géographiquement de Madagascar.
    Et les fournisseurs réunis en un seul groupe doit faire ce choix. Ainsi chaque fournisseur se solidarise avec l’autre sans pouvoir léser l’un. Systématiquement ils seront au-même niveau de droit.
    Aucun paiement en devise étrangère doive leur être accordé ( sauf s’il détiennent un compte à l’étranger saisissable et bien vérifié mensuellement l’existence par le FMI sous la responsabilité de l’Etat malgache).
    Il faut les mettre le dos au mur gouvernement et fournisseurs.