Chronique

Chronique de VANF : Cacao, «graine d’or»

Les Mayas, les Aztèques, les Olmèques, utilisaient déjà le cacao il y a 4000 ans, mais c’est bien l’Académie française du cacao qui est à l’origine de la création de la journée mondiale du chocolat, célébrée chaque 1er octobre. Ce n’est pourtant qu’en 1615, à l’occasion du mariage de Louis XIII avec Anne d’Autriche, que le chocolat fut introduit en France. Ce qui n’empêche pas un Musée du chocolat d’exister à Paris, depuis 2010, à l’initiative des Van Belle père et fils, également créateurs du Musée du chocolat à Bruges (2004) et Prague (2008).

Madagascar, avec ses 11.000 tonnes de cacao par an, produit 5% du cacao fin mondial. C’est ce que nous apprend l’exposition sur le cacao offerte par La Chocolaterie Robert et qui se tient au Musée de la photo, à Anjohy. Depuis 2009, la vallée du Sambirano est classé «terroir exceptionnel» par l’ICCO (organisation internationale du cacao). La Chocolaterie Robert, qui y a sa plantation, a obtenu en 2017 le «Golden Bean Award», décerné par l’Académie du chocolat de Londres, pour son chocolat noir pur cacao sans ingrédient rajouté. Cette année 2019, plusieurs awards de l’Academy of Chocolate concernaient encore des crus estampillés Madagascar, dans de nombreuses catégories de classement.

Cette année cacaoyère, occasion de la 100ème session de son conseil, l’organisation internationale du cacao avait été présidée par Philippe Fontayne, qui a fait de Madagascar, et des berges du Sambirano, son pays. Dans son post de fin de mandat, il dit : «J’ai eu l’immense honneur de pouvoir parler au nom de ce monde de producteurs pour réclamer une juste répartition du prix du cacao au nom du paysan, un juste revenu, au-delà d’un simple revenu décent pour lui, sa famille, ses enfants. Ma fierté fut, s’il ne doit rester que ça, d’avoir permis d’inscrire comme thème central du prochain «World Cocoa Conference», à Bali en septembre 2020, «Le Revenu du Paysan» en tant que moteur indispensable au développement de la filière cacao».

Depuis 2018, l’HIPADE (Histoire, Patrimoine et Développement), un laboratoire du département d’histoire de l’Université d’Antananarivo, oeuvre pour la patrimonialisation du cacao malgache, «Notre graine d’or». Fait partie de cette démarche collective d’excellence l’intronisation du Chef Johary (Café du Musée) comme ambassadeur de La Chocolaterie Robert ou la place du cacao au centre d’une exposition de Pierrot Men (décembre 2018). À Ambanja, sur les lieux de production, un «festival Sôrogno», dédié au cacao, existe depuis 2010.
POST-SCRIPTUM : Extraits d’une précédente Chronique (Cacao et Chocolat : grand cru de Madagascar, 23 avril 2019).

La Chine enroule doucement sa «Route de la Soie» : Madagascar, quoique même pas 1% de la production mondiale de cacao, pourrait dérouler son «autoroute du chocolat», depuis ce cacao planté, récolté, fermenté et séché dans les vallées voisines des rivières Sambirano et Mahavavy, pour lequel les spécialistes ont des mots d’oenologues : «un goût à la fois acidulé et fruité, quelque chose du letchi». Car c’est aux pieds du massif du Tsaratanàna, qui porte le plus haut sommet de Madagascar (Maromokotro, 2876 mètres), que prospèrent la plantation Millot, la plantation Akesson et la plantation de La chocolaterie Robert de la famille Ramanandraibe. En face, sur l’île de Nosy-Be, 17 autres hectares viennent d’être plantés de 20.000 cacaoyers par un exploitant français.

Dans la démarche dite «beam-to-bar», de la fève de cacao à la barre de chocolat, le chocolat de Bertil Akesson est également présent au Brésil et en Indonésie, sur l’île de Bali. Quant à «La Chocolaterie Robert», elle fait une bonne ambassadrice du Made in Madagascar : épicerie fine à Paris, salon de Bruxelles, reconnaissance à Londres.
La première exportation de cacao «Made in Madagascar» remonte à 1907, avec 7 (sept) tonnes inaugurales. D’abord introduits sur la Côte Est de Madagascar, en 1887, les cacaoyers y furent décimés par une maladie cryptogamique, causée par un champignon. C’est en 1898, qu’une plantation de Nosy-Be reçut des semences en provenance de Colombie (L. Dussel, «Les produits malgaches : le cacao», Bulletin de Madagascar, n°190, mars 1962, page 219).

Sur les rives du Rianila, à l’Est de Madagascar, c’est un «chocolat Brickaville» qui a ressuscité : «La Chocolaterie Robert» est à l’origine de ce petit miracle en dénichant sur la parcelle dite de Raperason des cacaoyers revenus à l’état sauvage. Et cela donne pour les gourmets et les gourmands : dans la collection «Les chocolats rares», en note aromatique «nez de fleurs séchées ; au palais, rondeur de biscuit beurré, discrète amertume de caramel brun».

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