Faits divers

Boeny : Les feux de brousse se répandent

À une soixantaine de kilomètres de la ville de Mahajanga, dans le milieu de la journée du dimanche, les conducteurs roulent à vive allure sur une portion de la route. Ils tentent d’échapper à une flamme intense et des fumées épaisses provoquées par l’incendie de la savane au bord de la route nationale 4 qui présentent un danger pour la circulation des véhicules à essence. Dans l’après-midi du lundi, des agents de l’environnement qui allaient rejoindre la Ville des Fleurs s’arrêtaient sur la route, jusque tard dans la soirée, pour tenter d’éteindre les feux qui consumaient les végétations.

Les feux de brousse se propagent dans la région Boeny, ces derniers temps, selon directeur régional de l’Environne­ment et du développement durable, Ihando Andrianjafy. Les chiffres font froid au dos. Du 26 au 28 septembre, deux cent cinquante points de feux ont été détectés dans cette région, selon le rapport du service de reforestation et de lutte contre les feux, auprès du ministère de l’Environ­nement et du développement durable. Les districts d’Ambato-Boeny, de Soalala, de Mitsinjo sont les plus touchés.

Les sources des feux

Les superficies incendiées ont, par ailleurs, augmenté de 2017 à 2018. Elles sont passées de 148 554 ha à 169 850 ha, entre ces deux années. « 90 % des superficies brûlées sont des savanes. Les restes sont des zones cultivables et des forêts », explique Ihando Andrianjafy.

La transformation des savanes en pâturage, pour la nourriture des bovidés, les fours à charbon, le défrichement pour la culture du maïs, sont les sources principales des feux dans cette région du Nord-Ouest de l’île.

L’extinction des feux se complique dans cette région. Cela peut prendre jusqu’à deux ou trois jours, car la région Boeny ne dispose guère de matériel adéquat et suffisant. Jusqu’ici, ce sont les communautés villageoises qui sont mobilisées pour faire le travail, avec des branches d’arbre ou des sacs à eau. Des mesures répressives seraient appliquées aux fokontany qui refusent d’intervenir. « Ils sont sommés d’un avertissement et on les oblige à faire du reboisement sur la surface brulée. Toutefois, notre travail se focalise, pour le moment, sur la recherche active des auteurs des feux », rajoute Ihando Andrianjafy.

La situation pourrait encore empirer au prochain mois. « La saison culturale du maïs débute au mois de novembre. Nous devons donc renforcer la lutte active. Nous envoyons ces deux véhicules de brigade anti-feu faire la ronde, pour intimider ceux qui tentent de générer des feux de brousse », indique ce responsable. Madagascar qui est jusqu’ici considéré comme un puits de carbone, pourrait perdre sa place dans cette classification, si les feux de brousse continuent à se répandre. Ils mettent en péril la production de carbone, nécessaire dans l’atténuation du changement climatique, par la destruction des végétations.

 

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