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Editorial

Le courant passe mal

L’électrochoc. Le paroxysme d’un conflit latent a atteint son sommet sur les hauteurs d’Ambohijatovo. Les divergences de conception et de vues entre Solo Andriamanampisoa, Président du Conseil d’Administration, PCA, et Vonjy Andriamanga, directeur général de la Jirama, sont étalées sur les réseaux sociaux.

Le premier taxe le second d’avoir failli à ses missions qui consistaient à mener les actions de redressement de cette société d’État au bord du précipice. Divers manquements aux rôles et attributions d’un directeur général ont été cités par Solo Andriamanampisoa pour pousser Vonjy Andriamanga dans ses derniers retranchements. Comme ces larges extraits d’une délibération du Conseil d’administration.

« À titre d’illustration, à ce jour, malgré les décisions prises par le Conseil, sur la base de votre proposition, nombreux contrats avec les prestataires de la JIRAMA, notamment dans l’énergie, n’ont pu être conclus ou mis à jour à travers un avenant. Vous avez été interpellé à plusieurs reprises de l’état lamentable des centrales thermiques gérées par la JIRAMA dans des sites isolés alors qu’aucune action de redressement ne nous a été notifiée ni présentée.

De même, en ce qui concerne la fourniture d’eau, aucun des conteneurs de traitement d’eau, pourtant commandés en janvier dernier et partiellement livrés depuis mai à Antananarivo ne sont opérationnels à l’aube de la période d’étiage 2020, faute d’anticipation et de proactivité dans la gestion.

Enfin, à fin août 2020, les comptes annuels de la société arrêtés au 31 décembre 2019 ne sont même pas encore parvenus au Conseil d’administration pour examen, ce qui nous laisserait entendre un pilotage à vue des finances (trésorerie, créances et dettes…) et des patrimoines de la société en période de pleine turbulence. »

Le fossé qui sépare les protagonistes a gagné en profondeur quand des membres du cabinet de la direction générale ont été « remis à leurs familles » par décisions du Conseil d’administration. Des sanctions « disciplinaires » nulles et de nul effet pour Vonjy Andriamanga.

Dans les années passées, les directeurs généraux successifs qui venaient d’un milieu autre que le cercle restreint des employés de la Jirama ont heurté les susceptibilités des syndicalistes. Ceux-ci estiment avoir « un droit de regard », sans être des actionnaires, sur la manière de gérer « leur entreprise ». Ils prônent la promotion interne, sur la base du népotisme grégaire.

Une de leurs victimes a eu le temps de dénoncer cette pratique érigée au rang d’une tradition. En qualifiant la Jirama d’une véritable « société familiale ». Ces cartels de connaissances ainsi formés, ont mené la vie dure aux intrus qui ont osé mettre les pieds sur leur chasse gardée. Qu’ils soient choisis par voie de sélection de dossier, supervisés par un cabinet neutre et indépendant. Ou qu’ils aient été « parachutés » par un décret pris en Conseil des ministres.

Mais cette fois-ci, le conflit oppose deux hommes du sérail. Des voix, en sourdine, se font entendre, pour solliciter l’arbitrage présidentiel. La cohabitation n’étant plus possible entre les deux hommes, il faudrait sacrifier l’un ou l’autre sur l’autel du bon sens. Sinon sur le supplice de la chaise électrique.

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