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Editorial

L’église touche le fonds

Ce n’est ni la première ni la dernière fois. Les scènes de scandale dans une église remontent à plus de vingt ans et continuent à secouer une opinion abasourdie et incrédule. Eh oui c’est bel et bien la grande église Jesosy Mamonjy, fondée par Daoud en 1967, a été de nouveau le théâtre d’une scène digne des arènes de boxe dimanche. Depuis la mort du révérend Daoud puis celle de l’un de ses successeurs, la direction de l’église fait l’objet d’une bataille rangée.

Une partie des fidèles a contesté le résultat de « l’élection présidentielle » tenue il y a quelques jours et dont les résultats ont été proclamés hier. C’est là que le scandale éclate. Un violent affrontement a eu lieu. Des jets de pierre ont blessé un contestataire des résultats.

L’enjeu de l’élection présidentielle est le contrôle et la direction de l’église dans ses activités. Évidemment la gestion de finances attise toutes les convoitises. L’église à l’image du Vatican, à des ressources intarissables grâce à l’obole hebdomadaire des fidèles, des deniers de culte et des contributions diverses pour un projet bien défini. L’église fonctionne en plus loin des yeux du fisc malgré l’énorme somme qu’elle brasse. Le métier de pasteur est devenu très rémunérateur ces derniers temps et des « vocations » éclosent un peu partout.

Il est clair que l’esclandre a l’église Jesosy Mamonjy ne remettra guère en cause la foi des fidèles ni leur confiance en leur pasteur. Déjà fermée durant un an pour la même raison, l’église Jesosy Mamonjy risque de nouveau d’être frappée plus sévèrement.

Une situation inévitable dès lors que l’église devie de son rôle principal et devient presque une entreprise commerciale ou le charlatanisme constitue le fonds de commerce. Faute de pouvoir trouver une solution réaliste à la pauvreté, l’État laisse libre cours à toutes ces séances de faiseurs de miracle pour arnaquer une population désemparée et dont le niveau d’instruction ne lui permet pas de faire un discernement sur les « offres » présentées.

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