Courrier des lecteurs

Opposition : l’alternative c’est 2002 ?

Oui, il est vrai, Marc Ravalomanana a toutes les chances d’être le chef de l’opposition. Cela est indiscutable. Mais force est de constater qu’il se comporte comme le MMM de Hajo Andrianainarivelo en 2016. C’est-à-dire qu’il fait fi des autres partis qui ont osé se déclarer légalement. La loi est pourtant claire, le chef de l’opposition est élu par les partis d’« opposition légalistes ». N’en déplaise à la HCC, au dessus des lois, peu importe si ces partis là ont des élus ou pas.
Marc Ravalomanana peut se rassurer, son parti, le Tim ne peut que gagner. Et s’il ne gagne pas au premier vote, ses députés peuvent, selon la loi, renverser celui qui serait élu dès le lendemain.
À l’évidence, faible ou pas, nous avons une « opposition plurielle », et ce n’est pas plus mal. Pour mémoire, il y avait 13 candidats aux présidentielles françaises et aucun n’était du pouvoir. Donc rien d’exceptionnel à une opposition désunie. Les points communs les plus évidents pour Madagascar, c’est d’avoir le maximum d’élus aux prochaines communales et de rédiger une ou deux Constitutions pour le référendum inéluctable.
Maintenant, désignons notre chef. Le mode opératoire ? Lorsque l’institution qu’est l’Assemblée nationale élit son président, point besoin du ministère pour cela. Lorsque la HCC élit son président, point besoin du sénat pour cela. De même, les partis légalistes de l’opposition se réunissent et votent. Point besoin du gouvernement pour cela. L’opposition est une institution. C’est dans la loi. Pour notre parti, nous avons déjà approché le Tim, le Tamami, le Manda, le Solid etc. depuis janvier.
Après, si le pouvoir dont la HCC refuse une troisième fois l’avènement du chef de l’opposition, ce ne sera que le symptôme sous le président Rajaonarimampianina qui reviendra : l’intolérance. Ils diront qu’il faut un décret d’un exécutif pour qu’une loi faite par un Parlement entre en vigueur après sa promulgation (???). Mais nous aurons au moins notre chef, « légitime » et « légal » à nos yeux. Ce que Hajo Andrianainarivelo aurait dû être en 2016.
Oui, il y a intention de modifier la loi, voire la Constitution. En attendant, la présente loi, comme la présente Constitution est à respecter. Le change­ment de la loi par la majorité se fera dans le sens d’un durcissement des conditions d’éligibilité d’un chef de l’opposition, dans le sens d’une facilitation (ce qui serait curieux) ou aussi dans le sens de l’amoindrissement de son pouvoir (par exemple, suppression du droit d’accès aux chaînes nationales, suppression du droit de réponse aux chefs d’État et de gouvernement, suppression du droit d’être parlementaire, suppression du droit de nommer des représentants au sein de la Ceni, etc.). Le gouvernement ne fera pas la transparence sur ces intentions, pratique politique normale…
Autre curiosité est l’existence de groupe parlementaire qui se dit « Centriste ». La définition de « Centriste » a donc aussi été réinventée par Madagascar. En effet, Centriste dans le jargon normal ne veut surtout pas dire « ni de l’opposition, ni du pouvoir ». Centriste, c’est avoir une idéologie ou au moins une idée sur chaque thème de société. En France, les Centristes sont au pouvoir, à savoir jusqu’à preuve du contraire le LREM, sous Giscard D’Estaing aussi. Du coup, se dire centriste à Madagascar est de la couardise à prendre position. À bien lire la loi, les partis (et par extension les citoyens) qui sont d’opposition doivent se déclarer au ministère. Partant, ceux qui ne se déclarent pas sont partisans du pouvoir. Point.

par Mahajoro Rekany, Candidat aux législatives à Toliara 2 SG du parti Humaniste et Écologiste

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