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Carburant, délestage – Razanamahasoa enfonce le clou

Christine  Razanamahasoa  a  remis  une  couche  hier.

Délestage, hausse des prix du carburant. La présidente de l’Assemblée nationale n’y est pas allée par quatre chemins, hier, en demandant plus d’action du gouvernement afin d’alléger les poids qui pèsent sur la population.

Prouvez à la population qu’ il y a des dirigeants en qui ils peuvent s’appuyer”. Ce sont les mots de Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale, dans son allocution de clôture de la session de cette institution, hier.

Durant la séance de face-à-face avec le gouvernement, la boss de la Chambre basse a décoché des flèches contre le gouvernement au sujet des problèmes de la Jirama et une certaine passivité au sujet des conséquences sociales de l’inflation. L’élue du district d’Ambatofinandrahana en a remis une couche dans son discours d’hier. Et cette fois-ci, c’est en tant que présidente de l’Assemblée nationale et du haut de son perchoir, à Tsimbazaza, qu’ elle a demandé à l’Exécutif de prendre le taureau par les cornes, s’agissant de la conjoncture socio-économique actuelle.

Encore une fois, c’est avec l’enfer qu’imposent quotidiennement à la population les coupures d’électricité que Christine Razanamahasoa a démarré sa diatribe. Durant le face-à-face au Centre de conférence internationale (CCI), d’Ivato, mercredi, où elle a mis la casquette d’élue d’Ambatofinandrahana, la députée a souligné le supplice des ménages à cause des heures de délestages. Hier, la cheffe d’institution a mis en exergue les lourdes conséquences économiques des coupures d’électricité sur les Petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que les industries et le secteur privé dans l’ensemble.

Avec les heures de délestage, les charges des entreprises s’alourdissent. Il faut en effet s’acheter des litres de carburant pour faire tourner les groupes électrogènes. Pour les PME qui n’en ont pas les moyens, il faut accuser le coup car le temps de travail se retrouve considérablement réduit. Hier, par exemple, plusieurs quartiers de la capitale se retrouvaient sans électricité dès 7 heures ou 8 heures, jusqu’ à 13 heures. Il n’y a eu qu’une heure de répit et puis le délestage a repris jusqu’à 17 heures pour certains. D’autres qui ont revu la lumière vers 15 heures 30, ont dû supporter une nouvelle dose de deux à trois heures à partir de 18 heures.

“À ce rythme là, je ne sais pas comment je vais m’en sortir. Le plus insupportable c’est que les coupures interviennent dans les heures de travail maintenant. Comment voulez-vous que je fasse. Lorsque je compte rattraper les pertes, les heures où les clients rentrent du travail, il n’y a toujours pas d’électricité”, déplore un coiffeur du côté de Soavimasoandro.

Un autre sujet sur lequel Christine Razanamahasoa est revenue, concerne la question de la hausse inévitable du prix du carburant. Elle requiert de l’Exécutif qu’il s’applique encore plus à résorber les maux qui gangrènent le quotidien des ménages, soulignant la question de cette hausse du prix à la pompe. Mettant l’accent sur la psychose qui commence à gagner la population, la boss de l’Assemblée nationale recommande de renforcer la communication et la transparence.

Plus d’anticipation

La restriction des informations communiquées donne, en effet, du champ aux rumeurs et supputations. L’idée d’une hausse du prix du carburant qui serait appliquée, hier, 1er juillet, a notamment causé une ruée des automobilistes d’Anta­nanarivo et ses environs vers les stations-service pour faire le plein et des réserves. L’idée que la hausse sera appliquée ce mois-ci a circulé depuis quelques semaines, en effet. Une note publiée par l’Office malgache des hydrocarbures et une sortie médiatique de son directeur général n’a même pas suffi à stopper l’hémorragie.

Hier, en marge de la cérémonie à la Chambre basse, Andry Ramaroson, ministre de l’Énergie et des hydrocarbures, a réitéré qu’il n’y a pas de risque de pénurie de carburant. Que la hausse “ne sera pas pour tout de suite”. Il a expliqué que l’État et les compagnies pétrolières sont toujours en pleine négociation. Que le point d’achoppement est la recherche de consensus entre le montant que pourront supporter les usagers et avoir le moins d’impact possible sur la situation socio-économique, le bénéfice des pétroliers et les éventuelles compensations à appliquer.

Étant donné la psychose qui commence à gagner l’opinion publique, plus de transparence sur le taux de la hausse afin de permettre une certaine préparation psychologique s’avère nécessaire. La présidente de l’Assemblée nationale concède que l’inflation, conséquence de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, est irrépressible. Elle demande ainsi à ce que l’Exécutif implique les parlementaires dans les débats, afin d’appuyer la communication pour éclairer l’opinion sur les réalités de la situation.

Durant le face-à-face au CCI, jeudi, Christine Razanamahasoa a également demandé au gouvernement de faire preuve de plus d’anticipation. Soulignant que les 9% d’inflation prévue par la loi de finances rectificative “sera dure, très dure”, elle a déclaré au CCI, “gouverner c’est prévoir, c’est anticiper”. À l’approche du moment fatidique qu’est la hausse du prix du carburant et ses conséquences inflationnistes, tous attendent ce que l’Exécutif compte faire pour atténuer le choc. Raison pour laquelle, la patronne de l’institution de Tsimbazaza soutient, “prouvez à la population qu’il y a des dirigeants en qui ils peuvent s’appuyer”.

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