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Chronique

Elisabeth II, 1952-2022…

Il y a 70 ans, le 2 juin 1952, Élisabeth devenait Reine d’Angleterre et de Grande-Bretagne. Arrière-arrière petite-fille de la reine Victoria qui, elle-même, régna fort longtemps de 1837 à 1901, soixante-quatre ans durant. Une longévité exceptionnelle au pouvoir que doivent envier aux monarques héréditaires les chefs républicains élus par des voies théoriquement démocratiques.

Les pouvoirs d’Élisabeth II sont infimes en comparaison de ceux du Kaiser Guillaume II (petit-fils de la reine Victoria) ou du Tsar Nicolas II (oncle et beau-frère du Roi d’Angleterre George V), tous les trois au coeur de cette absurde boucherie que fut la guerre de 1914-1918, saignant et dépeuplant l’Europe avant d’emporter les dynasties Romanov, Habsbourg et Hohenzollern.

Un Hohenzollern, justement, Jean-Georges Électeur de Brandebourg, se trouve être l’ancêtre direct du roi des Hellènes, des souverains du Danemark, de Norvège, de Suède, de Yougoslavie, de Roumanie, de Bulgarie, des Pays-Bas, de Belgique, du Luxembourg, de France, de Monaco, d’Italie, de Portugal, d’Espagne, d’Autriche, d’Allemagne, de Grande-Bretagne et de Russie.

Les Bolcheviks avaient cru exterminer les Romanov en assassinant le Tsar, son épouse et leurs cinq enfants, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, mais, le nom de Romanov se perpétue via la postérité de François-Guillaume de Prusse, arrière-arrière petit-fils du Kaiser Guillaume II qui épousa la Grande-Duchesse de Russie.

Les liens familiaux s’enchevêtrent pour tisser véritablement une Europe des dynasties héréditaires. Et il est paradoxal, ou ironique, que l’Allemagne qui, par deux fois en l’espace d’une seule génération, avait causé tant de soucis à l’Europe, soit au moins doublement la terre des ancêtres d’Élisabeth II.

En 1714, la reine Anne-Stuart laisse la couronne d’Angleterre à un lointain cousin allemand, l’Électeur de Hanovre, qui devient roi de Grande-Bretagne sous le nom de George 1er. En 1840, la reine Victoria épousa un prince allemand, Albert de Saxe-CobourgGotha. Mais, du fait de la guerre de 14-18, où l’Allemagne du pourtant cousin issu de germains Kaiser était l’ennemie, la branche anglaise s’anglicisa en Windsor.

Sans le vouloir, mais par leur éloignement initial de la vie britannique et leur non maîtrise de la langue (anglaise), les ancêtres hanovriens d’Élisabeth II inventèrent à leur insu la démocratie parlementaire avec la prééminence de fait du Premier Ministre et de la Chambre des Communes.

L’Europe des nations fut donc d’abord l’Europe des alliances royales. Malgré les vicissitudes d’une «fainéantise» honorifique, à patronner des oeuvres caritatives, le prestige des Rois (et des Reines) n’a jamais laissé indifférents les Chefs républicains. Ni même les peuples régicides. Bon jubilé, Votre Majesté !

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