Politique

Insécurité – Haro contre la prolifération d’armes à feu

Environ soixante-quinze mille six-cents. C’est le total d’armes à feu recensées, jusqu’ici, par l’armée. Un chiffre annoncé par le général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale, jeudi, lors de la présentation de son rapport d’activité aux députés.

Ces quelques soixante-quinze mille six-cents armes à feu, recensées, sont celles considérées comme ayant « des détenteurs légaux », donc. « C’est plus que l’effectif total de l’armée et de la gendarmerie nationale », affirme le ministre Rakotonirina. Ces deux corps forment les Forces armées. Les armes illégales et autres fusils artisanaux ne sont ainsi, pas pris en compte dans les statistiques.

À écouter l’exposé du général Richard Ravaloma­nana, secrétaire d’État à la gendarmerie nationale, les bérets noirs ont saisi une quantité impressionnante d’armes illégales. Rien que depuis le début de l’année 2020, neuf cents quatre-vingt-cinq armes traditionnelles ont été saisies par les gendarmes.

Complicité

Le secrétaire d’État à la gendarmerie nationale souligne, par ailleurs, que plusieurs bandits sont appréhendés avec des armes de guerre. Des faits dont il fait le rapprochement avec les crises politiques ayant secoué le pays. La thèse est que des armes ont été spoliées des réserves des Forces de défense et de sécurité. D’anciennes armes qui ne sont plus utilisées par les FDS, ou encore, censées être réhabilitées dans les usines d’armement militaires se retrouveraient entre les mains des bandits.

Face à l’Assemblée nationale, le fait que des personnalités influentes usent de leur statut afin de faire entrer dans le pays des « fusils de chasse en quantité importante », a été dénoncé. Entre les mains des « Dahalo », pourtant, se trouveraient souvent des fusils de chasse.

À entendre le plaidoyer face aux députés, la complicité de certaines autorités, « de Dahalo en col blanc », faciliterait l’accès des bandits aux armes à feu. Un projet de lutte contre la prolifération des armes à feu est en cours depuis quelque s années. Le recensement des fusils en circulation et la légalisation des détenteurs illégaux s’étant présentés volontaires aux FDS, en est une étape. Un appui parlementaire par des initiatives légales pour renforcer la réglementation du secteur serait le bienvenu.