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Attraction – Manjakamiadana locomotive du tourisme

Le  palais  de  Manjakamiadana  dans  sa  forme  actuelle.

Le palais de Manjakamiadana sera inauguré à l’occasion du 60e anniversaire du retour de l’indépendance. Il sera désormais un vecteur touristique de l’image de Madagascar.

Tel le phénix ou plutôt le Voro­mahery planté sur le fronton du portail d’entrée, le palais de la reine de Manjakamiadana renaît de ses cendres. Victime d’un grand incendie le 6 novembre 1995, il a été presque complètement détruit. Il a fallu attendre dix ans pour voir un début de reconstruction à l’identique, pierre par pierre du palais de le reine, symbole de la souveraineté malgache et qu’un seul coup de canon lancé par les Français a suffi pour faire capituler la dernière reine Ranavalona III.

Les travaux entamés en 2005 se sont arrêtés en 2009 à cause des événements politiques. Les travaux ont repris l‘année dernière lorsque le président de la République Andry Rajoelina a annoncé que sa reconstruction marquera le 60 eme anniversaire du retour de l’indépendance de Madagascar et surtout sa souveraineté. Le chantier sera terminé à temps avec en prime un Colisée derrière le palais.

Au delà de toutes les polémiques autour de cette nouvelle construction qui servira à retracer justement l’Histoire à travers des scènes de théâtre, c’est l’importance touristique de ce site qui mérite d’être soulignée. Le président de la République a annoncé dimanche sur TVM que trois cent mille visiteurs par an sont attendus à Manjakamiadana. Le prix du ticket est fixé à 100 000 ariary pour les étrangers, 10 000 ariary pour les nationaux et 2000 ariary pour les écoliers.

Incontournable

De quoi faire de Manjaka­miadana une puissante source de revenu pour l’État. Et si les recettes sont réinvesties dans le tourisme, ce dernier ne pourra que s’en porter mieux. On sait que beaucoup d’investissements restent nécessaires pour faire décoller le tourisme en termes d’infrastructures. Ce qui est certain c’est que Manjakamiadana sera désormais la locomotive du tourisme culturel. Une innovation étant donné que jusqu’ici, le tourisme se résume aux lémuriens, aux tsingy, aux plages paradisiaques. Comme on aime bien les comparaisons ces derniers jours, il faut savoir que le musée de Louvre avec sa pyramide constitue une des principales attractions touristiques à Paris.

C’est la ville d’Antanana­rivo et l’office régional du tourisme qui pourront également tirer profit de cette remise en activité du palais de Manjakamiadana. La capitale ne servira plus aux touristes de gîte d’étape où ils ne resteront qu’une nuit avant d’entamer un tour de l’île. Désormais ils ont une bonne raison de passer quel­ques jours dans la capitale car la visite de Manjakamia­dana sera incontournable et figurera en bonne place dans les agendas des tours opérateurs.

Pour les nationaux, ce sera l’occasion de revivre l’histoire du pays de manière plus ludique et divertissante que les cours magistraux. Une vraie aubaine pour les générations nées en 1995 et après qui n’ont jamais eu l’occasion de mettre les pieds à Manjakamiadana.

Une grosse lacune vient d’être comblée, mieux les nouvelles générations auront droit aux merveilles de la nouvelle technologie pour connaître le passé et avoir confiance au futur. Manjaka­miadana devra raviver la flamme patriotique des Malgaches et leur rendre fierté et dignité à leur pays.

5 commentaires

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  • Après avoir visité le rova, il fait quoi le touriste dans une ville archi sale aux routes trouées, aux marchés sans hygiène élémentaire, à l’insécurité omniprésente et à une pollution hors normes ????

  • On compare souvent avec la pyramide du Musée du Louvre: Le Louvre expose des oeuvres issues de plusieurs cultures, et les reliques égyptiens en font partie. Mais un colisée à Anatirova servira à quoi dans la mésure qu’il n’y sera question que de l’histoire de Madagascar, et du Royaume Merina en particulier?

  • Pourvu que les guides ne fassent pas des explications raccourcies de l’Histoire….en laissant sous silence certains faits importants comme à Ambohimanga, quand ils expliquent à quoi servent les escaliers des vierges et la porte dérobée par exemple vers la « case » de Galliéni et de son aide de camp. (entre autres)

  • Il est appréciable que Madagascar mette en valeur son patrimoine. Il est normal que les touristes étrangers soutiennent le pays avec le prix d’entrée.
    Cependant, le prix de 100000 Ariary par étranger me semble trop cher, et découragera certaines familles de visiteurs, dont moi-même.
    Pour votre information, le ticket d’entrée au Louvre, cité dans l’article, est de 68000 Ariary, quelque soit l’origine du visiteur.
    J’ai déjà eu l’impression d’être une vache à lait en visitant les Parcs Nationaux de Madagascar. Je pense que les autorités se trompent en fixant de tels tarifs dans la mesure où cela ne favorise pas l’augmentation de la fréquentation. Je continuerai à privilégier les initiatives villageoises dans mes visites pour que les communautés locales bénéficient plus directement de cette participation financière.
    Dans le contexte international du tourisme, Madagascar n’est pas un pays « peu cher ». Les pays d’Asie, où le niveau de vie de la population est pourtant meilleur (Vietnam, Chine, Cambodge) sont moins chers et génèrent au global bien plus de chiffre d’affaires dans leur secteur touristique .
    Je ne demande pas que Madagascar se brade, mais je pense que ces tarifs sont contradictoires avec l’ambition de développer le tourisme.
    Je précise par ailleurs que le prix de 10000 Ariary pour les nationaux me parait également hors d’atteinte pour la plupart des malgaches.
    Le Rova sera donc réservé à des élites!

  • La Pyramide de Ieoh Ming Pei donne une nouvelle lecture architecturale, une parfaite cohésion entre l’espace urbain et l’entrée du Louvre ; il a su respecter l’Histoire de ce site parisien. Le colisée n’est qu’un pastiche en béton qui n’a que faire de l’espace public, encore moins du site Historique. C’est ce qui arrive quand les politiques s’associent avec des promoteurs, sans consulter le peuple, les historiens, les urbanistes et architectes (ceux qui ont encore le sens de la déontologie, ce n’est pas le cas de ces architectes sous-fifres de Colas)…bref tout ça avec notre pognon.