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La Justice attend la levée de l’immunité du sénateur Lylison René de Roland

La balle est dans le camp du Sénat. Il appartient à la Chambre haute de décider si le sénateur Lylison René de Roland peut être poursuivi ou pas.

Suite logique. Après avoir délivré un mandat de perquisition du domicile du sénateur Lylison René de Roland, la Justice entend engager des poursuites contre cet élu proche de l’ancien président de la transition, Andry Rajoelina. Elle affirme, pourtant, vouloir « respecter les procédures », selon le procureur général près la cour d’appel d’Antananarivo, Jacques Randrianasolo, et préfère attendre que le Sénat ait levé l’immunité parlementaire du sénateur avant de se lancer dans une autre action.
« L’immunité parlementaire du sénateur doit être levée avant que nous puissions engager une quelconque poursuite », a notamment souligné Jacques Randrianasolo, hier, à une chaîne de télévision privée, en marge de la cérémonie de passation de commandement à Betongolo. « Il y a des procédures applicables au Sénat, et nous sommes tenus de les respecter », a-t-il poursuivi. À entendre le PGCA, « la Justice a déjà envoyé [une demande de la levée de l’immunité parlementaire du sénateur] auprès du Sénat, mais celui-ci n’a pas encore répondu ».
Du côté du Sénat, le président, Honoré Rakoto­manana affirme que la Chambre haute n’a « pas encore été notifiée d’une telle demande » jusqu’à hier. Se référant à la Constitution, le président du Sénat rappelle toutefois que « si un membre du Parlement est pris en flagrant délit, la justice peut immédiatement procéder à des poursuites, voire à des arrestations, sans demander l’autorisation de la Chambre ».

Profil bas
Avec cette demande, la Justice semble donc avoir écarté l’hypothèse d’un flagrant délit, même si l’Exécutif a toujours martelé que « l’appel à la ville morte s’apparente à un acte de déstabilisation ». Ce qui avait, d’ailleurs, conduit le président de la République à réclamer d’Istanbul, alors qu’il assistait au sommet humanitaire mondial, « que des mesures soient prises contre les fauteurs de troubles ». Une consigne immédiatement suivie d’effets avec la série de perquisitions, mais qui semble, néanmoins, tempérée par cette demande de levée de l’immunité parlementaire avant toute poursuite.
En écartant le flagrant délit, la Justice semble vouloir laisser au Sénat le feu vert avant de démarrer une quelconque procédure de poursuite. Une source au courant du dossier évoque l’existence d’un mandat d’arrêt contre le sénateur Lylison, mais le PGCA martèle qu’aucune poursuite n’est possible sans levée de l’immunité parlementaire.
Malgré ce semblant de sursis octroyé par la Justice, le sénateur Lylison n’est pas pour autant tiré d’affaire. Dans une chambre à majorité Hery Vaovao ho an’i Madagasikara (HVM), un élu d’opposition a très peu de chances d’avoir des alliés, surtout si les charges qui pèsent sur lui paraissent d’ordre politique.
Le compte à rebours semble donc avoir commencé pour le sénateur Lylison René de Roland. Est-ce la raison pour laquelle celui-ci semble avoir disparu du radar politique   Habitué à se faire entendre sur les ondes et à se retrouver sous les feux des projecteurs, le colonel de la gendarmerie en disponibilité fait profil bas et se fait discret depuis la perquisition effectuée chez lui.
La détermination des autorités à mater toute velléité de déstabilisation n’est sans doute pas étrangère à cette discrétion subite. Ne cachant plus leur peur de se voir renversées de leur pouvoir avant terme, les autorités multiplient les contre-attaques : série d’inaugurations et discours incendiaires contre les critiques, bruits de bottes et menaces d’arrestation contre les contestations un peu plus virulentes.

Juliano Randrianja & Bodo Voahangy

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