Editorial

L’ariary en réanimation

La monnaie nationale rechute. Non pas après avoir été contaminée et guérie du coronavirus. Mais par le mal chronique qui la ronge et la ruine depuis des années. aux fluctuations des valeurs transactionnelles, en dent de scie comme il est de coutume, l’euro oscille dans les 4100 à 4200 ariary. Alors que le dollar ne quitte pas la bande des 3700 ariary. Ce sont des cours indicatifs. Au marché des changes au noir, en plein jour et à ciel ouvert, sous l’ombre des cocotiers à Antsahavola, qui n’a jamais porté si bien son appellation, et le long de l’avenue de l’Indépendance, les marchandages et surenchères dépendent de la loi de « l’affre » et de la demande. Avec la présentation des grosses coupures de billet, les prix de vente ou d’achat s’envolent pour atteindre des niveaux élevés. Les courtiers et traders des trottoirs s’en frottent les mains. avant de les laver.

Les spécialistes en la matière s’accordent à déduire que les taux de change monétaire constituent une des traductions financières, un exact reflet du comportement de l’économie d’un pays donné. aussi, ces dépréciations continuelles de l’ariary sur le baromètre du Marché interbancaire de devises, MID, sont tout à fait conformes aux réalités qui prévalent. Depuis la déclaration de l’État d’urgence sanitaire, la quasi-totalité des activités économiques accuse et endure les contrecoups des conséquences de la pandémie. Les mesures restrictives pour prévenir la propagation du virus corona deviennent une chape de plomb pour l’économie réelle.

Rien que pour le tourisme, le manque à gagner se chiffre désormais à 1900 milliards d’ariary. Et le bilan provisoire de ce dégât peut s’alourdir tant que le repli sur soi soit maintenu par les pays frappés par le Covid-19 comme un impératif. Les uns se méfient des autres d’être les vecteurs du mal. alors que ce secteur se décline sur les agences de voyages et tours opérateurs, le transport aérien, la restauration et l’hôtellerie, la location des voitures, les guides touristiques, le commerce de l’artisanat et bien d’autres professions induites.

Vu sous cet angle, l’ariary ne peut que se dévaluer jusqu’à une éventuelle mise en branle intégrale des rouages du mécanisme économique. Par contre, il s’agit d’une anomalie soupesée sur un autre critère. Car les pertes de « repères » de l’ariary s’enchaînaient quelques jours après que la communauté des bailleurs de fonds ait injecté 444 millions de dollars pour venir au chevet d’une économie en état végétatif. L’appui de 166 millions de dollars du Fonds monétaire international devait requinquer l’ariary. Il n’a pas produit l’effet escompté.

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